LA PHOTO. Italie: le Noël des migrants attendra

A 10 km du centre de Rome, le 10 décembre 2018, les policiers italiens ont vidé une ancienne usine pharmaceutique de ses occupants : des centaines de migrants d'origine africaine mais aussi des familles italiennes précaires, qui vivaient au milieu de détritus et de résidus toxiques .

Décidée à ne plus laisser entrer de migrants sur son territoire, l'Italie veut aussi en chasser ceux qui y sont présents. Près de la capitale, la dernière opération d'évacuation, programmée depuis plusieurs semaines, s'est déroulée dans le calme.
Elle a été supervisée par le ministre de l'Intérieur et chef de file de l'extrême droite italienne Matteo Salvini, qui s'est dit "fier de cette intervention de rétablissement de la légalité, de nettoyage et de sécurité attendue depuis des années" dans une vidéo postée sur Facebook. Selon le ministre, l'endroit était "un point de trafic de drogue pour une bonne partie de la ville. Agressions, braquages, attaques au couteau, vols et violences étaient à l'ordre du jour."
M. Salvini a précisé que les personnes "en situation régulière et réellement dans le besoin seront prises en charge par les institutions". Avant d'annoncer l'organisation d'autres évacuations "dans les prochaines semaines dans de nombreuses autres villes italiennes".


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Ce migrant, grimé en Père Noël, avait, avec beaucoup d'autres, trouvé refuge dans une usine désaffectée pleine de produits chimiques périmés, d'amiante, de chats et de rats, avec une seule source d'eau et un groupe électrogène. FILIPPO MONTEFORTE / AFP