L'immigration dans le grand débat national : "Pourquoi ne pas en parler ? Rien n'est tabou"

Le président de l'association Salam, qui vient en aide aux migrants à Calais, se dit ouvert au débat sur l'immigration, en faisant preuve "de pédagogie".

Des migrants secourus par l\'ONG SOS Méditerranée, en septembre 2018.
Des migrants secourus par l'ONG SOS Méditerranée, en septembre 2018. (MAUD VEITH / SOS MEDITERRANEE)

Dans la lettre d'Emmanuel Macron adressée aux Français dimanche 13 janvier, la question des quotas migratoires est posée dans le cadre du grand débat national lancé mardi 15 janvier. "Pourquoi ne pas en parler ? Rien n'est tabou", affirme lundi 14 janvier, sur franceinfo, Jean-Claude Lenoir, président de l'association Salam, qui vient en aide aux migrants à Calais. "Peut-être que l'on réfléchira à la société que l'on souhaite pour demain", estime-t-il.

franceinfo : Pierre Henry de l'association France Terre d'Asile juge "inapproprié" que l'immigration s'invite dans le grand débat national. Quelle est votre position ?

Jean-Claude Lenoir : Le débat, tel qu'il est présenté, a pour objectif de voir la situation globale de la société. Je ne pense pas que ce soit avec cela que l'on arrive à des choses concrètes. Mais pourquoi ne pas en parler ? Aujourd'hui, on met en place des quotas, on oppose l'économie et le social, tout cela est de mauvais augures. Alors que, si l'on est capable de faire preuve de pédagogie dans ce débat, aussi bien du côté du gouvernement que de la société, peut-être que nous aurons un large tour d'horizon et que l'on réfléchira à la société que l'on souhaite pour demain. Rien n'est tabou selon moi.

Que disent les gens, chez vous à Calais, à propos des migrants ?

Il faut d'abord savoir que, tous les jours, les migrants subissent des harcèlements qui coûtent des fortunes à notre République. Il y a de la répression. On casse tout, mais les migrants ont été là, ils sont là et ils seront là demain. Depuis 20 ans, il n'y a pas de propositions concrètes et qui répondent à l'ensemble des gens. Sur le terrain, on souhaite donc qu'il y ait des solutions concrètes.

Faut-il dépolitiser la question de l'immigration pour trouver une solution ?

Évidemment. Il faut également remettre les choses dans leur contexte. La Déclaration universelle des droits de l'Homme fait foi, la Convention de Genève fait foi. En France, en 1952 la France a créé l'OFPRA qui étudie les personnes éligibles pour le droit s'asile. On a, en France, la chance d'avoir ces outils exceptionnels et on doit travailler avec.