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"Fuck Terrorism" : des réfugiés syriens témoignent leur solidarité après les attentats de Paris

Plusieurs réfugiés syriens, croisés par francetv info et d'autres médias ces derniers mois, ont réagi spontanément aux attaques de Paris.

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France Télévisions
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Des migrants arrivent sur l'île de Lesbos, le 12 novembre 2015. (BULENT KILIC / AFP)

"Je suis désolé de ce qui s'est passé à Paris." Depuis l'Allemagne, les réfugiés syriens que francetv info avait rencontrés en septembre nous ont écrit spontanément pour témoigner leur solidarité après les attentats de Paris. Pour rejoindre l'Europe, l'un des kamikazes du Stade de France a pris la même route qu'eux, via la Grèce.

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Leurs réactions à ces attaques montrent une nouvelle fois qu'il s'agit sans doute de leur seul point commun avec ce terroriste du groupe Etat islamique.

Mslam, 24 ans : "Fuck terrorism"

Installé à Eberbach (Allemagne), Mslam nous a écrit samedi 14 novembre. "Je suis désolé pour ce qui s'est passé à Paris. J'espère que tu vas bien, ainsi que ta famille et des amis. On a peur pour toi", commence le jeune Syrien.

Rassuré sur ce point, il s'inquiète immédiatement des inévitables amalgames qui suivront. "Ne crois pas que l'Islam nous ordonne de tuer des gens. 80% des Syriens sont musulmans et l'Etat islamique en tue tous les jours, développe-t-il, avant de lâcher : "Fuck terrorism" ("J'emmerde le terrorisme").

Le lendemain, sur Facebook, le jeune homme s'est adressé à l'ensemble des Français. "Imaginez que ce qui s'est passé vendredi se passe tous les jours (...). C'est pour ça que nous avons quitté notre pays", écrit-il.

Anas, 31 ans : "Les gens qui tuent à Paris et en Syrie sont les mêmes mauvaises personnes"

Anas, que nous avions rencontré à Karlsruhe (Allemagne), nous a écrit dimanche matin. "Je suis vraiment triste de ces nouvelles de Paris. J'espère que tu vas bien, et que ta famille aussi, écrit-il sur la messagerie Whatsapp. Je ne sais pas ce qui se passe dans ce monde de fou. Mais je sais que les personnes qui tuent en Syrie ou à Paris sont les mêmes mauvaises personnes." 

Anas ne sait pas trop quoi penser des frappes françaises à Raqqa. "Ce qui s'est passé à Paris me désole, tout comme ce qui se passe en Syrie", écrit-il. Lundi matin, alors que nous lui annoncions que l'un des assaillants s'était mêlé aux réfugiés, Anas nous a répondu par un smiley triste ":(".

Hafiz, 31 ans : "Nous tous, nous nous sentons tellement tristes à cause de cette tragédie"

Nous avions rencontré Hafiz, fin août sur l'île grecque de Kos. Ce trentenaire pakistanais campait depuis des jours avec des centaines d'autres migrants dans un hôtel désaffecté insalubre. Deux jours après notre rencontre, il prenait le bateau pour Athènes. Désormais, il a le statut de réfugié et vit à Modène en Italie. Il vient d'y fêter son anniversaire. Samedi soir, en voyant sur Facebook que nous étions en sécurité après les attentats, il a engagé la conversation en anglais.

"Je suis si triste d'entendre ce qui s'est passé à Paris", écrit-il. "Nous tous, nous nous sentons tellement malheureux à cause de cette tragédie. Puissent les victimes reposer en paix. Ces attentats, cela me fait pleurer. Nous prions pour Paris. Peace for Paris." 

Lors de notre précédente discussion, Hafiz nous confiait, heureux : "Ici, je me sens mieux. Ici, je suis un réfugié. Je pense vraiment que c'est un autre monde." Nous étions mi-octobre. 

La famille de Lotus : "Nous sommes tristes"

D'autres confrères, qui ont suivi la route des réfugiés, ont reçu des messages similaires. Le reporter de Radio France, Omar Ouahmane, qui a suivi une famille du Liban à l'Allemagne, a posté l'un des messages sur Twitter.

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