Familles de migrants séparées aux États-Unis : une politique "cruelle et inhumaine" dénoncée par le Mexique

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, mardi, le gouvernement mexicain a condamné la politique américaine en matière d'immigration illégale, qui conduit à séparer des enfants de leurs parents.

Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, a pris la parole, le 19 juin 2018, pour condamner la politique de Donald Trump en matière d\'immigration.
Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, a pris la parole, le 19 juin 2018, pour condamner la politique de Donald Trump en matière d'immigration. (RONALDO SCHEMIDT / AFP)

Aux États-Unis, en deux mois, plus de 2 300 enfants de migrants clandestins ont été séparés de leurs parents. L'administration applique une politique de "tolérance zéro", défendue à nouveau par Donald Trump mardi 19 juin, pour stopper les entrées illégales sur le territoire américain depuis le Mexique. Le gouvernement mexicain appelle Washington à un changement de cap.

Un appel au président américain

Au nom du peuple mexicain, le ministre des Affaires étrangères, Luis Videgaray, a condamné, mardi, la séparation des enfants migrants de leurs parents, un effet de la politique américaine en matière d'immigration qu’il a qualifiée de "cruelle et inhumaine". Certes, le Mexique n’est pas le pays le plus touché par cette conséquence de la politique du président américain face à l'immigration illégale, mais le fait que ce drame se déroule à sa frontière est suffisant pour faire réagir Mexico. D'après le ministre mexicain des Affaires étrangères, il ne s’agit pas d’encourager la migration illégale, mais de s’insurger contre une injustice faite aux enfants.

Nous lançons un appel au gouvernement des Etats-Unis, au plus haut niveau, pour qu’il reconsidère cette politique, pour accorder la priorité au bien-être et aux droits de ces enfants, indépendamment de leur nationalité et de leur statut migratoire.Luis Videgaray, ministre mexicain des Affaires étrangères

Parmi les enfants arrachés des bras de leurs parents, une vingtaine sont de nationalité mexicaine. La plupart d’entre eux ont déjà pu réintégrer leur famille, au nord ou au sud de la frontière. Comme le Mexique, les pays d’Amérique centrale, en particulier le Honduras et le Salvador, ont demandé aux États-Unis de mettre fin à cette politique, que certains qualifient de "torture"

Le Mexique condamne la séparation des familles de migrants aux Etats-Unis - un reportage d'Emmanuelle Steels
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