Emmanuel Macron au Vatican : "Il faudrait qu'il prenne une petite leçon de fraternité"

Le défenseur des migrants, Cédric Herrou, souhaite qu'Emmanuel Macron apprenne à "avoir de la considération pour les personnes", alors que le chef de l'État va notamment évoquer la question migratoire avec le pape François mardi.

Le défenseur des migrants Cédric Herrou à Cannes, le 18 mai 2018.
Le défenseur des migrants Cédric Herrou à Cannes, le 18 mai 2018. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes) condamné pour avoir aidé des migrants, espère, sur franceinfo, qu'Emmanuel Macron prendra "une petite leçon de fraternité" en rencontrant mardi 26 juin le pape au Vatican.

Le militant fait notamment référence à l'examen, ce même jour, de son recours par le Conseil constitutionnel. Le militant conteste la "notion de délit de solidarité" et souhaite que "le principe de fraternité" soit prioritaire. "Monsieur Macron va rendre visite au pape, il faudrait qu'il prenne une petite leçon de fraternité, de savoir ce que c'est d'ouvrir sa porte, d'avoir de la considération pour les personnes", a-t-il espéré. "Je suis paysan. Mon métier est de donner à manger aux gens tout simplement", a-t-il ajouté.

Un montagnard se doit d'aider les personnes en difficultéCédric Herrouà franceinfo

"L'État se sert de la justice pour incriminer et museler les personnes qui dénoncent, qui luttent contre ce gouvernement qui a une dérive clairement raciste", accusé celui qui vient en aide aux migrants qui traversent la frontière franco-italienne.

Une accusation que Cédric Herrou justifie par la situation dans la Vallée de la Roya : "Quand il y a 500 gendarmes dans une vallée de 4 000 habitants, quand une ferme est assiégée par 40 ou 50 gendarmes mobiles, que la nuit chez moi on voit les faisceaux lumineux, on entend des cris, on voit des gens blessés parce qu'ils ont dû courir, ils ont été coursés par des militaires ou la police. Oui, c'est un racisme d'État."