Ukraine : discussions et démonstrations de force sur le front diplomatique

Alternant le chaud et le froid, UE et Etats-Unis ont tenté de jouer sur les deux tableaux pour faire plier Vladimir Poutine. 

Un garde russe dans la baie de Sebastopol, en Crimée, dimanche 9 mars 2014. 
Un garde russe dans la baie de Sebastopol, en Crimée, dimanche 9 mars 2014.  (VIKTOR DRACHEV / AFP)

Le bras de fer diplomatique continue entre la Russie et les Occidentaux sur le dossier ukrainien. Alors que les forces russes ont encore renforcé leur emprise dimanche 9 mars en Crimée et que des heurts ont éclaté à Sébastopol, entre militants pro-russes et partisans de l'Ukraine, francetv info revient sur les mouvements du week-end sur le front diplomatique. 

Alternant le chaud et le froid, UE et Etats-Unis ont tenté de jouer sur les deux tableaux pour faire plier Vladimir Poutine : la discussion et la démonstration de force. 

Le désaccord est acté sur le référendum relatif au rattachement de la Crimée à la Russie

Dimanche, Vladimir Poutine s'est entretenu par téléphone avec Angela Merkel et David Cameron. Pour le président russe, les mesures prises par le Parlement de Crimée, qui a voté le rattachement de la région à la Russie, "sont fondées sur le droit international et visent à garantir les intérêts légitimes de la population de la péninsule."

A l'inverse, la chancelière allemande lui a à nouveau soutenu que le référendum violait la constitution ukrainienne de même que le droit international, indique le gouvernement allemand dans un communiqué. Une position adoptée plus tôt par Barack Obama et François Hollande

Mais une volonté de trouver une issue diplomatique subsiste

Malgré leurs différences d'analyse sur la situation en Ukraine, les trois dirigeants ont toutefois plaidé pour une baisse des tensions et une normalisation "le plus tôt possible", a précisé le Kremlin. Vladimir Poutine a ainsi affirmé au Premier ministre britannique, David Cameron, "vouloir trouver une solution diplomatique à la crise". Durant leur entretien téléphonique, le dirigeant russe "a reconnu qu'il était dans l'intérêt de nous tous d'avoir une Ukraine stable", selon Londres. L'idée de la création d'"un groupe de contactserait notamment toujours à l'étude.

Mais face à des Russes qui renforcent leur emprise en Crimée

Des heurts ont éclaté dimanche à Sébastopol, port d'attache de la flotte russe de la mer Noire, où des militants pro-russes et des cosaques s'en sont pris à des partisans de l'Ukraine. Dans la nuit de samedi à dimanche, les troupes russes ont cerné un nouveau poste ukrainien dans l'ouest de la Crimée, bloquant une trentaine de gardes-frontières à l'intérieur. Selon un porte-parole des gardes-frontières, la Russie contrôlait alors onze postes-frontières de la République autonome de Crimée.

De plus, un contingent d'hommes en armes pro-russes, dont les uniformes ne portent aucun insigne, a pris position dimanche autour d'un aérodrome militaire ukrainien de Crimée, non loin de la localité de Saki, a déclaré à Kiev un porte-parole du ministère ukrainien de la Défense. Selon ce dernier, les quelque 80 hommes en uniformes ont bloqué l'entrée de l'aérodrome et ont installé des nids de mitrailleuses le long de la piste aérienne.

Les Etats-Unis ont lancé une nouvelle mise en garde à Moscou, affirmant qu'une annexion de la République autonome de Crimée, qui appartient depuis 1954 à l'Ukraine, rendrait impossible toute solution diplomatique à la crise.

Les Etats-Unis montrent les muscles

Dimanche, les États-Unis ont voulu prouver qu'ils étaient capables de se montrer menaçant face à Vladimir Poutine. Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, et le ministre polonais, Tomasz Siemoniak, ont convenu lors d'un entretien téléphonique "que le déploiement d'une unité des forces aériennes américaines commencera dimanche et s'achèvera d'ici jeudi", selon un communiqué du ministère polonais. "L'unité sera composée de 12 avions F-16, d'avions de transport et de 300 soldats", a précisé son porte-parole, Jacek Sonta.

Les avions "arrivent à la demande de la Pologne dans le cadre d'un exercice militaire dont la tenue a été avancée et élargie et surtout dans une situation politique tendue à cause de la situation en Ukraine", a-t-il indiqué.

Jeudi dernier, les États-Unis ont déjà envoyé en Lituanie quatre appareils F-15 pour renforcer la surveillance de l'espace aérien balte. Le ministre lituanien de la Défense, Juozas Olekas, avait alors parlé d'une réponse "à l'agression de la Russie Ukraine ainsi qu'à une intensification de l'activité militaire russe dans la région de Kaliningrad [enclave russe située entre la Lituanie et laPologne]"