Ukraine : 10 000 personnes manifestent contre une plus grande autonomie des territoires séparatistes pro-russes

Le conflit dans l'est de l'Ukraine oppose depuis 2014 les forces gouvernementales à des séparatistes pro-russes soutenus, selon Kiev et les Occidentaux, par la Russie, qui dément. 

Des manifestants à Kiev (Ukraine) contre une autonomie accrue des territoires séparatistes pro-russes, le 6 octobre 2019.
Des manifestants à Kiev (Ukraine) contre une autonomie accrue des territoires séparatistes pro-russes, le 6 octobre 2019. (GENYA SAVILOV / AFP)

"La guerre continue". Près de 10 000 manifestants se sont réunis, dimanche 6 octobre, dans le centre de Kiev pour protester contre une autonomie accrue des territoires séparatistes pro-russes. Cette autonomie pourrait être accordée dans le cadre des efforts de paix prônés par le président Volodymyr Zelensky.

Les protestataires se sont réunis sur la place du Maïdan, à Kiev, puis ont défilé en scandant "Non à la capitulation! Non à l'amnistie !" ou scandant des slogans hostiles au président ukrainien. "Nous voulons tous la paix, mais paix et capitulation sont deux choses différentes. Les gens ne sont pas morts pour ça", a affirmé un manifestant qui a combattu contre les séparatistes dans l'est du pays entre 2014 et 2015.

Timides avancées du processus de paix

Au point mort depuis des années, le processus de paix dans l'est de l'Ukraine, où forces ukrainiennes et pro-russes s'opposent dans une guerre qui a fait près de 13 000 morts depuis 2014, a connu ces derniers mois de timides avancées. L'élection en avril de Volodymyr Zelensky, un acteur novice en politique, à la présidence, a permis une reprise du dialogue avec la Russie. Cela a débouché, en septembre, sur un important échange de prisonniers.

Mardi, une délégation ukrainienne a paraphé un document traitant de l'autonomie future des régions rebelles, un sujet explosif en Ukraine. Cette autonomie est considérée comme une concession inacceptable, notamment par les nationalistes ukrainiens et par les organisations paramilitaires.

Le conflit dans l'est de l'Ukraine est en grande partie gelé depuis la signature d'accords de paix à Minsk (Biélorussie) en 2015. Le volet politique de ces accords, qui comprend notamment un statut spécial pour les territoires rebelles, n'a jamais été appliqué. Ce statut spécial pourrait faire l'objet de négociations lors d'un prochain sommet entre les présidents ukrainien et russe, sous la médiation de Paris et Berlin. Aucune date pour ce sommet, attendu depuis septembre, n'a été annoncée.