Six questions sur le convoi militaire russe en Ukraine

Une colonne militaire russe est entrée en Ukraine jeudi soir, selon plusieurs sources. Elle a été en partie détruite par l'artillerie ukrainienne dans la nuit de jeudi à vendredi, affirme Kiev. Mais Moscou dément.

Des Russes sur des blindés à Belgorod, près de la frontière ukrainienne, le 25 avril 2014.
Des Russes sur des blindés à Belgorod, près de la frontière ukrainienne, le 25 avril 2014. (REUTERS)
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Gaël CognéFrance Télévisions

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Alors que tous les yeux étaient rivés sur la file de camions humanitaires russes, une autre colonne, militaire cette fois, a fait une incursion en Ukraine, selon plusieurs sources. Repérée jeudi par des journalistes britanniques alors qu'elle franchissait la frontière, elle a été attaquée dans la nuit et en partie détruite, a affirmé le président ukrainien vendredi 15 août. Moscou dément et dénonce des "tentatives de faire échouer" l'entrée de son convoi humanitaire. 

Où est entrée la colonne militaire russe ?

Les véhicules militaires sont arrivés de la ville de Donetsk, en Russie (éponyme de Donetsk en Ukraine, située à 200 km de là), pour passer par le poste-frontière d'Izvariné, côté ukrainien, selon les journalistes. Voici une carte pour repérer les lieux.

De l'autre côté, la zone n'était pas contrôlée par les autorités ukrainiennes, mais par des séparatistes pro-russes.

Quand est-elle entrée ?

Quand le convoi est entré en Ukraine, deux journalistes étaient présents. Le journaliste britannique du Guardian a tweeté : "Donc, @RolandOliphant et moi venons de voir une colonne de véhicules de transports de troupes et des véhicules avec des plaques militaires russes franchir la frontière vers l'Ukraine". Il est peu avant 22 heures, jeudi.

Il semble qu'un troisième journaliste était présent. Ce Russe, travaillant pour New Times a pris quelques photos malgré l'obscurité.

Combien y avait-il de véhicules ?

"Au moins 23", écrit le journaliste du Telegraph qui détaille : il y avait des véhicules blindés de transport de troupes et des camions militaires. D'après l'article du journaliste du Guardian, les véhicules avaient des plaques militaires russes.

Comment sont-ils entrés ?

Le journaliste du Guardian explique que la colonne s'est d'abord arrêtée pour attendre la tombée de la nuit sur le côté de la route. Au crépuscule, elle s'est ébranlée pour emprunter une piste et passer à travers une brèche dans les barbelés. Des hommes armés étaient visible dans l'obscurité. Il souligne que c'est "la preuve de ce qu'avance depuis longtemps l'Ukraine – à savoir que des troupes russes sont actives à l'intérieur de ses frontières".

Comment a réagi l'armée ukrainienne ?

Il a fallu attendre vendredi pour que l'Ukraine confirme l'entrée de la colonne sur son territoire. Dans un premier temps, un porte-parole de l'opération militaire ukrainienne dans l'Est a annoncé qu'"une colonne militaire russe a franchi la frontière depuis le poste-frontière Izvariné". L'Otan a à son tour confirmé une incursion russe.

Et, dans l'après-midi le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé que des tirs d'artillerie de l'armée ukrainienne ont détruit en grande partie la colonne. "Une action appropriée a été menée contre cette colonne et une partie de cette colonne n'existe plus. Elle a été détruite", a également assuré un porte-parole militaire ukrainien, sans préciser si des soldats russes avaient été tués lors de ce pilonage. Selon les autorités ukrainiennes, la colonne a été attaquée dès qu'elle a franchi la frontière.

Le président ukrainien Petro Porochenko a discuté au téléphone de cette incursion avec le Premier ministre britannique David Cameron, selon un communiqué. Il a indiqué également qu'"une grande partie de ce matériel a été détruit dans la nuit par l'artillerie ukrainienne", selon un communiqué. L'ambassadeur russe à Londres a été convoqué à Downing Street pour "clarifier les informations" sur l'incursion.

 Comment réagissent les Russes ?

Moscou a démenti l'incursion, mais la Russie a dénoncé "des tentatives de faire échouer" son aide humanitaire. "Aucune colonne militaire russe n'a franchi la frontière russo-ukrainienne ni de nuit ni de jour", a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué. Le ministère russe qualifie les accusations ukrainiennes d'"espèce de fantasme"Cependant, Moscou affirme dans un communiqué que "l'intensification brutale des opérations militaires" ukrainiennes dans cette région "a de toute évidence pour but de couper l'itinéraire convenu avec Kiev" pour le passage du convoi humanitaire russe.

Le 6 août, l'Otan affirmait que Moscou a massé 20 000 hommes le long de la frontière. A Donetsk (Russie), le journaliste du Telegraph a photographié quelques véhicules militaires.

 

Selon un journaliste de la BBC, un convoi de dizaines de véhicules militaires russes se dirigeait en direction de la frontière. Précisément là où est passé le convoi qui aurait été attaqué.

 Plus tôt, il avait photographié ces véhicules, toujours dans la même région.