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Russie : "On revient à une forme de contrôle des médias presque totalitaire, comme au temps du stalinisme", s'inquiète Reporters sans frontières

Pour le secrétaire général de RSF, Vladimir Poutine est "clairement en train de mettre son pays sous cloche".

Article rédigé par France Info
Radio France
Publié Mis à jour
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Le présiudent russe Vladimir Poutine assiste à une cérémonie en visio à la résidence d'État de Novo-Ogaryovo, près de Moscou, le 4 mars 2022. (ALEXEY NIKOLSKY / SPUTNIK / AFP)

Les deux chambres du parlement russe s'apprêtent à voter une loi qui va condamner jusqu'à 15 ans de prison toute personne qui publiera des "informations mensongères sur l'armée russe, surtout si elles entraînent des conséquences sérieuses pour les forces armées". Un autre amendement prévoit des sanctions pour "les appels à imposer des sanctions à la Russie". Ces textes s'appliqueront à la fois pour les médias, les particuliers et les journalistes étrangers alors que deux rares voix indépendantes du paysage médiatique russe ont été réduites au silence.

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"On est vraiment dans une phase où est éradiqué en Russie ce qui survivait alors du journalisme digne de ce nom", estime Christophe Deloire, secrétaire général de l'ONG Reporters sans frontières (RSF), invité de franceinfo vendredi 4 mars. Pour Christophe Deloire, le président russe Vladimir Poutine est "clairement en train de mettre son pays sous cloche".

"Il y avait déjà très peu de médias qui avaient réussi à conserver leur indépendance tellement la répression du Kremlin était féroce. Il y avait juste une petite marge qui subsistait avec quelques médias comme la télévision Docht qui était diffusée sur Internet parce que le satellite a été interdit."

Christophe Deloire, RSF

à franceinfo

Plus de 800 personnes ont été arrêtées en Russie lors de manifestations interdites contre la guerre en Ukraine, qu'ils soient manifestants, dissidents ou journalistes : "on revient à une forme de contrôle des médias presque totalitaire, comme au temps du stalinisme, au sens où les mots sont employés pour dire le contraire", explique le secrétaire général de RSF.

Actuellement, la Russie occupe la 150e place sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse. À la diffusion du prochain classement le 3 mai prochain, Christophe Deloire estime que "la Russie va continuer sa dérive sous l'emprise d'un homme qui est un prédateur de la liberté de la presse, l'un des pires, qui est Vladimir Poutine".

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