Reportage "On ne peut pas baisser les bras et ne pas s'entraîner" : les boxeurs ukrainiens en pleine préparation de Paris 2024, malgré la guerre

Pour un responsable de la fédération ukrainienne de boxe, "ce seront les Jeux olympiques les plus difficiles dans l'histoire des Ukrainiens." Avec également une incertitude sur l'attitude à adopter face aux sportifs russes.
Article rédigé par Vanessa Descouraux - Yachar Fazilov
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Des boxeuses de l'équipe olympique ukrainienne à l'entraînement à Kiev. Mars 2024 (YACHAR FAZILOV / RADIO FRANCE)

À moins de cinq mois du rendez-vous olympique de Paris 2024, les sportifs ukrainiens s’entraînent tant bien que mal. Leur préparation est évidemment altérée et rendue plus difficile par la guerre, à quoi s'ajoute un sentiment d’incompréhension devant la décision du CIO. Le comité international olympique a autorisé les sportifs russes à concourir sous bannière neutre, sans drapeau russe ni hymne national.

La salle de boxe est au premier étage du gigantesque complexe sportif qui est un peu l'équivalent à Kiev de l'Insep. À 25 ans, Anastasia Kovalchuk s'apprête à vivre son rêve olympique malgré les conditions de vie en Ukraine depuis deux ans. "On est obligé de s'entraîner avec le son des explosions, avec le son des missiles quand les murs et les fenêtres tremblent. Mais on n'y peut rien. Depuis deux ans de guerre, on s'est habitué à ça. On ne peut pas baisser les bras et ne pas s'entraîner."

Si Anastasia rencontre sur sa route olympique une boxeuse russe, ce sera forcément une rencontre particulière. "Il n'y aura pas de respect entre adversaires, dit-elle, mais juste de la vengeance par le sang".

Serguei Danylin, entraîneur en chef de l'équipe ukrainienne féminine de boxe, à Kiev. Mars 2024 (YACHAR FAZILOV / RADIO FRANCE)

L'entraîneur en chef de l'équipe de boxe, Sergueï Danylin, a beaucoup de mal à imaginer des Russes sur le ring olympique parisien : "Je comprends que le CIO ait une position équilibrée, mais beaucoup de sportifs russes sont des conscrits. Ils sont dans l'armée, ils soutiennent Poutine !", affirme-t-il.

Près de 500 infrastructures sportives ont été touchées, un millier d'athlètes sont engagés dans l'armée, 400 sont morts ou ont été blessés. Les conditions de préparation sont donc plus que délicates, assure Donatas Piskun, de la Fédération ukrainienne de boxe : "Beaucoup d'athlètes sont partis à l'étranger. Ce seront les Jeux olympiques les plus difficiles dans l'histoire des Ukrainiens." 

Comment gérer éventuel face-à-face entre sportifs ukrainien et russe ?

Le travail du comité ukrainien olympique va bien au-delà de la seule préparation sportive : il faut anticiper pour empêcher tout contact entre sportifs russes et ukrainiens, avant et après leur éventuel affrontement. "Dans les sports où il faut se serrer la main, on travaille déjà avec les fédérations internationales, dit Vadim Gutzeit, président du Comité national olympique ukrainien. On veut éviter les provocations des sportifs russes. Nous avons le droit de ne pas les saluer."

Des accords ont déjà été trouvés avec les fédérations de lutte et d'escrime, notamment après le geste d'une sabreuse, Olga Kharlan, qui avait refusé de serrer la main de son adversaire russe. Elle avait été alors disqualifiée. 

Malgré la guerre, les boxeurs ukrainiens sont en pleine préparation de Paris 2024. Le reportage de Vanessa Descouraux et Yachar Fazilov

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