Reportage Guerre en Ukraine : au cœur de l'hôpital pédiatrique de Zaporijia, où les blessés de guerre ont entre 2 et 17 ans

Les enfants ne sont pas épargnés par les combats entre Russes et Ukrainiens. À l'hôpital de Zaporijia, où ils sont soignés, ce sont des patients "très courageux et très forts", soulignent les médecins.

Article rédigé par
Marie-Pierre Vérot et Arthur Gerbault - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La salle dans laquelle sont hospitalisés Paulina et un petit garçon, à l'hôpital pédiatrique de Zaporijia (Ukraine), lundi 4 avril 2022. (MARIE-PIERRE VEROT / RADIO FRANCE)

Dans une salle, une machine émet une série de bips réguliers. Il fait jour mais dans l'hôpital pour enfants de Zaporijia, dans le sud-est de l'Ukraine, les patients ne le savent pas car des sacs de sable obstruent les fenêtres. Ils sont là pour protéger des balles, éclats et tirs de mitraille. Plus de 140 enfants ont été tués et près de 400 blessés depuis le début de la guerre, affirment les autorités ukrainiennes. La majorité d'entre eux ont été atteints par des éclats d’obus.

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Dans son lit, Paulina est plus blanche que ses draps. Son petit corps frêle et ses grands yeux bleus fixent sans voir. L'adolescente de 12 ans est arrivée dans la nuit depuis l'enfer de Marioupol. Un obus a éclaté juste à côté d'elle. Son corps est criblé d'éclats. "Là, on peut voir des éclats sur la poitrine, dans sa cuisse et son genou", liste, radio en main, le docteur Volodymyr Aleksandrovitch. Elle est également blessée au bras. 

Transportés "dans des voitures, pas en ambulances"

Dans le lit voisin, on aperçoit à peine un tout petit garçon, qui a notamment un bandage autour de la tête. "Il présente des blessures d'éclats au ventre avec de fortes pénétrations dans les intestins", détaille le chirurgien pédiatrique. Lui aussi est arrivé de Marioupol, comme Paulina "en voiture, pas en ambulance", tient à préciser le médecin.

"Ils mettent beaucoup de temps - cinq ou six jours - pour arriver jusqu'ici. On ne les laisse pas passer aux checkpoints de Marioupol et de Berdiansk."

Docteur Volodymyr Aleksandrovitch, chirurgien pédiatrique

à franceinfo

Il raconte aussi qu'il a vu, une fois, un policier amener un bébé de 2 ans blessé par un obus. Malgré ses quarante ans de chirurgie pédiatrique, le médecin dit avoir été atteint par ce qu'il a vécu ces dernières semaines. Il se souvient encore du cas d'une adolescente de 15 ans. "Quand elle est arrivée ici, elle était dans une grande détresse psychologique. Elle avait vu sa jambe être arrachée de son corps. Elle voyait sa jambe à côté d'elle. Sur place, ils ont juste arrêté l'hémorragie et l'ont amenée ici."

La salle au sous-sol de l'hôpital pédiatrique de Zaporijia (Ukraine) dans laquelle les enfants sont transportés lorsqu'il y a des alertes, le 4 avril 2022. (MARIE-PIERRE VEROT / RADIO FRANCE)

Ces blessés de guerre, âgés de 2 à 17 ans, "sont des enfants très courageux et très forts", s'émeut le médecin. "Ils savent patienter. De toute façon, ils n'ont pas d'autre choix que celui-ci : attendre." Il s'excuse de son mauvais ukrainien, expliquant venir de Kharkiv. "Là-bas, on parle russe mais c'est fini. J'ai trop de haine, je ne veux plus jamais parler cette langue." 

Guerre en Ukraine : au cœur de l'hôpital pédiatrique de Zaporijia, où les blessés de guerre ont de 2 à 17 ans. Le reportage de Marie-Pierre Vérot et Arthur Gerbault.
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