Reportage Guerre en Ukraine : après les explosions à la prison d'Olenivka, les proches des prisonniers ukrainiens sont toujours sans nouvelles

Une cinquantaine de soldat de l’armée ukrainienne sont morts dans les explosions survenues le 29 juillet à la prison d'Olenivka où ils étaient détenus. Leurs proches ont manifesté dans le centre de Kiev pour exiger des nouvelles et un traitement digne des prisonniers de guerre par la Russie.

Article rédigé par
Thibault Lefèvre avec Eric Audra - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Katia et sa fillette d'un an et demi Olivia dont le père Daniil a été blessé dans l'explosion de prison d’Olenivka.  (THIBAULT LEFEVRE / RADIO FRANCE)

"Save my Dad !" La phrase est écrite en lettres majuscules rouge sang, et en anglais sur le t-shirt blanc de la petite Olivia. La fillette d’un an et demi et sa maman Katia, n’ont plus de nouvelles de Daniil depuis le 16 mai 2022, le jour de la reddition des combattants d’Azovstal. "Les Russes ont dévoilé la liste des blessés après l’attaque terroriste et mon mari était dessus, raconte Katia. Mais je ne sais pas dans quel état il est maintenant. La Russie a voulu les tuer pour que le monde ne voie pas ce qu’il s’est passé à Olenivka."

>> Ce que l'on sait du bombardement de la prison d'Olenivka, dans la région de Donetsk

Une semaine après les explosions dans la prison d’Olenivka, dans l’est de l’Ukraine sous administration des séparatistes pro-russes, Moscou et Kiev se rejettent toujours la responsabilité alors que plus d’une cinquantaine de prisonniers de l’armée ukrainienne sont morts. Ils appartenaient pour la plupart au controversé bataillon Azov, ce bataillon ukrainien accusé de compter des néonazis dans ses rangs. Ils ont été capturés à Marioupol en mai 2022 quand ils défendaient le complexe industriel d’Azovstal. Dans le centre de Kiev, jeudi 4 août, leurs proches ont manifesté pour exiger qu’ils soient traités selon les principes la Convention de Genève.

"Je me sens vide. Je ne sais pas s’il est toujours vivant et ce que l’on peut attendre des Russes. Je me sens tout simplement vide."

Katia, femme d'un prisonnier ukrainien

à franceinfo

Sandra porte un T-Shirt noir, avec le visage dessiné de son frère fumant une cigarette. Bogdan Krotevych est le chef de l’Etat-major du régiment Azov. Et c’est pour essayer de le sortir des geôles de l’ennemi qu’elle a créé il y a quelques semaines, l’association des familles d’Azovstal. "Il y a actuellement plus de 850 soldats du régiment Azov emprisonnés en Russie, indique Sandra. Ils sont soit dans les zones occupées, à Donetsk ou à Lougansk, soit sur le territoire russe. Ils sont souvent déplacés mais c’est au Comité international de la Croix rouge [le CICR] de contrôler leur lieu de détention et de connaître leur état de santé et ce travail n’est pas fait."

Sur des pancartes brandies à bout de bras, le CICR et les Nations-Unies sont accusées de complicité avec le terrorisme d’État russe. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a annoncé, mercredi 3 août, la mise en place d’une mission d'enquête sur le massacre d’Olenivka.

Ukraine : les proches de prisonniers manifestent - Reportage de Thibault Lefèvre et Eric Audra
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