Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir du discours d'Elisabeth Borne devant l'Assemblée nationale

Dans le cadre de la rentrée parlementaire, lundi, la Première ministre a assuré que la France était "déterminée" à ce que les crimes "commis par la Russie soient documentés, jugés et punis".

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La Première ministre Elisabeth Borne lors de la rentrée parlementaire à l'Assemblée nationale, le 3 octobre 2022.  (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

"Nous n'avons pas le droit de faiblir (...) Nous devons être solidaires", a déclaré la Première ministre Elisabeth Borne au Palais Bourbon, dans le cadre de la rentrée parlementaire à l'Assemblée nationale, lundi 3 octobre, qui s'ouvrait sur un débat sur le conflit en Ukraine.

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La Première ministre a notamment appelé à une poursuite des sanctions contre la Russie et a annoncé la tenue, "dans les prochains mois", à Paris, d'une conférence économique, devant aboutir à la mobilisation d'entreprises françaises pour la reconstruction du pays. Voici ce qu'il faut retenir de sa prise de parole. 

Sur l'engagement de la France dans le conflit

Elisabeth Borne a lancé la discussion en louant "l'héroïsme" des Ukrainiens qui "progressent" face à la Russie, qui se "retranche dans le cynisme, la menace et le chantage", après la revendication par Moscou de l'annexion de quatre régions, fermement condamnée par Kiev et les Occidentaux. La cheffe du gouvernement a ainsi réaffirmé le soutien de la France à l'Ukraine. "Depuis le début du conflit, avec les alliés et les autres nations européennes, nous avons multiplié les livraisons d'armes à l'Ukraine. Nous l'assumons : nous devons donner les moyens à l'Ukraine de se défendre."

"Les Ukrainiens n'ont jamais baissé la tête, leur courage est exem plaire" salue Elisabeth Borne

La guerre en Ukraine "n'est pas seulement un conflit entre deux pays. (...) Cette guerre, c'est une lutte pour nos valeurs", a-t-elle également affirmé devant les parlementaires. "Vladimir Poutine l'a lui-même reconnu vendredi dernier : c'est notre modèle démocratique qu'il attaque", a ajouté Elisabeth Borne. Au sujet de l'engagement de la France, elle a aussi annoncé l'organisation "dans les prochains mois" à Paris d'une conférence économique sur l'Ukraine, afin de "mobiliser les entreprises françaises" dans la reconstruction du pays.

Sur la poursuite des sanctions contre la Russie 

La Première ministre a réaffirmé la volonté de l'Etat français à poursuivre les sanctions menées contre la Russie. Sans nommer le Rassemblement national, la cheffe du gouvernement a pointé "simplisme" et "propos d'estrade". Les sanctions contre la Russie "fonctionnent", a-t-elle souligné, "n'en déplaise à ceux qui masquent leur fascination pour l'impérialisme russe par un prétendu patriotisme"

"Notre objectif est le même depuis le début : rendre le coût de la guerre insupportable pour la Russie", a-t-elle martelé. La cheffe du gouvernement a ainsi réaffirmé l'importance du "multilatéralisme" pour avancer dans le conflit : "Nous sommes forts lorsque nous avançons unis, a-t-elle déclaré. La Russie pensait trouver l'Otan faible et divisée, elle l'a ressoudée."

Sur les crimes de guerre 

"Chaque jour, avec le plus grand cynisme, la Russie repousse les frontières de la barbarie. Elle fait usage des armes sans discernement, en ciblant les civils, en visant des écoles, des hôpitaux, des centres commerciaux, des convois humanitaires, a poursuivi Elisabeth Borne. Dans les territoires occupés, on assiste à des transferts forcés de population, y compris d'enfants. Leur libération s'accompagne de la découverte de nouvelles atrocités, comme à Boutcha, en avril, ou à Izium plus récemment. (...) Ce sont autant de violations des lois de la guerre. Autant d'actes qui justifient d'agir. Autant de monstruosités dont la Russie devra répondre", a-t-elle encore affirmé.

"Nous sommes déterminés à ce que les crimes commis par la Russie soient documentés, jugés et punis. C'est une condition essentielle au retour d'une paix durable."

Elisabeth Borne, Première ministre

à l'Assemblée nationale, le 3 octobre 2022

La cheffe du gouvernement a également dénoncé la présence "sur le front" de Wagner, "société de mercenaires, qui prend ses ordres directement du Kremlin" et qui "emploie aujourd'hui des criminels russes pour venir combattre sur le front", "dont les méthodes sont bien connues, comme en témoignent ses exactions documentées en République centrafricaine et au Mali".

Sur la situation à la centrale de Zaporijjia

Elisabeth Borne a redit que la France restait "extrêmement préoccupée par la situation" de la centrale nucléaire de Zaporijjia (sud de l'Ukraine), contrôlée par la Russie, en précisant que Paris soutenait la proposition du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) "d'arrêt des tirs et de retrait du matériel militaire de la zone".

"Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation à Zaporijia" explique Elisabeth Borne

Sur l'indépendance énergétique

Elisabeth Borne a également évoqué les explosions qui ont entraîné des fuites sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2, en parlant d'un "sabotage grave". "Nous sommes prêts pour l'hiver", a toutefois affirmé la Première ministre, alors qu'un peu d'agitation dans l'hémicycle se faisait entendre. 

"Cette guerre nous montre la nécessité de conquérir rapidement notre souveraineté énergétique et de sortir de notre dépendance. (...) Nous y parviendrons par un plan ambitieux et durable."

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