Nucléaire : Greenpeace dénonce la poursuite "scandaleuse" du commerce d'uranium entre la France et la Russie

L'ONG réclame notamment la résiliation des contrats avec le groupe russe Rosatom et ses filiales.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le stand du groupe Rosatom au World Nuclear Exhibition au Bourget (Île-de-France) le 28 juin 2016. (Image d'illustration) (ERIC PIERMONT / AFP)

Malgré la guerre en Ukraine, la France continue d'importer de l'uranium de Russie. "Des dizaines de fûts d'uranium enrichi et dix containers d'uranium naturel en provenance de Russie" ont été acheminés par cargo dans le port de Dunkerque, mardi 29 novembre, pour être chargés "à bord d'un train et de plusieurs camions dont les destinations pourraient être Pierrelatte en France et/ou Lingen, en Allemagne", affirme Greenpeace. 

Des échanges qui ont fait vivement réagir l'ONG qui appelle le gouvernement français à stopper "les contrats sur le commerce d'uranium" entre la France et la Russie alors que les livraisons se poursuivent malgré la guerre, en l'absence de sanctions internationales sur le nucléaire civil russe. Dans un communiqué, "Greenpeace demande l'arrêt définitif de tout commerce nucléaire avec la Russie".

Framatome confirme des livraisons

Greenpeace réclame également "la résiliation de tous les contrats en cours entre l'industrie nucléaire française et Rosatom [le géant du nucléaire russe] ainsi que ses filiales, en commençant par les contrats concernant le commerce d'uranium entre Tenex, filiale de Rosatom, et respectivement EDF et Orano".

Alors que le conflit ukrainien fait rage, "c'est le business as usual entre la France, l’Europe et la Russie. Scandaleux", dénonce Pauline Boyer, chargée des campagnes nucléaire et transition énergétique pour Greenpeace France.

Le constructeur de centrales nucléaires et fournisseur de combustible Framatome, filiale d'EDF, a confirmé mardi soir auprès de l'AFP que le chargement identifié à Dunkerque concernait bien une "livraison de matière pour la fabrication de combustibles nucléaires" à destination de son usine de Romans-sur-Isère (Drôme). Ce combustible est destiné ensuite à ses "clients et notamment le parc nucléaire français", a-t-il précisé.

Recyclage d'uranium

Le groupe nucléaire Orano (ex-Areva), autre acteur majeur de la filière, a pour sa part fait savoir à l'AFP que "ces transports ne concernaient ni ses matières ni ses installations". Il a en revanche confirmé avoir livré à la Russie "cinq ou six" transports d'uranium de retraitement (URT) dont il était propriétaire jusqu'en octobre, vers l'usine Seversk de Rosatom, dans le cadre d'un contrat signé en 2020 portant sur un volume total de 1 150 tonnes.

Orano avait confirmé début octobre à franceinfo que ce contrat avait été "soldé" et "qu'aucun nouveau contrat portant sur l'achat ou la vente de matières nucléaires n'a été signé [par le groupe] depuis le déclenchement de la guerre."

Issu du traitement des combustibles, l'URT (ou uranium de recyclage) peut être réutilisé pour produire du nouveau combustible après avoir été converti puis ré-enrichi. Cet URT a été exporté en Russie parce qu'Orano "ne dispose pas d'atelier de conversion", a souligné le porte-parole. EDF a signé en 2018 un contrat de 600 millions d'euros avec une filiale de Rosatom, Tenex, pour "le recyclage de l'uranium retraité d'EDF" ."La décision de poursuivre certaines relations est notamment prise dans le respect des sanctions internationales", a commenté EDF dans un mail adressé à l'AFP, sans faire référence à un contrat en particulier.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Guerre en Ukraine

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.