L'Ukraine pose la première pierre de sa future reconstruction lors d'une conférence en Suisse

Le gouvernement ukrainien a défendu un plan en trois étapes, afin d'assurer l'avenir du pays. Certains intervenants ont appelé Kiev à maintenir ses efforts pour lutter contre la corruption.

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de la conférence de Lugano (Suisse), le 4 juillet 2022. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Reconstruire l'Ukraine coûtera au moins 750 milliards de dollars et ce sera "la tâche commune de tout le monde démocratique", ont estimé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et son Premier ministre, Denys Chmygal, lundi 4 juillet. Les deux hommes ont pris la parole – le premier à distance et le second sur place – lors d'une conférence internationale consacrée à l'avenir du pays, organisée à Lugano (Suisse) en présence de responsables des pays alliés de Kiev et de nombreuses institutions internationales, ainsi que des représentants du secteur privé.

"[La reconstruction de l'Ukraine est] la contribution la plus importante à la paix dans le monde."

Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

lors de la conférence de Lugano (Suisse)

"Qui doit payer pour le plan de reconstruction, qui est d'ores et déjà estimé à 750 milliards de dollars ?" s'est demandé Denys Chmygal, avant d'apporter lui-même la réponse : une "source clé" de financement devrait être la saisie des avoirs de la Russie et des oligarques russes gelés dans le cadre des sanctions internationales contre Moscou, pour tenter de faire stopper les combats. Selon le Premier ministre, les estimations du montant des avoirs gelés vont de 300 à 500 milliards de dollars. 

Le plan de reconstruction du gouvernement ukrainien comporte trois étapes : l'urgence est d'abord d'aider la population touchée par la guerre puis de financer des milliers de projets de reconstruction. A long terme, enfin, il faut préparer une Ukraine européenne, verte et numérique, a expliqué le Premier ministre.

La corruption dans le pays à l'ordre du jour

Le président suisse, Ignazio Cassis, a estimé que reconstruction et réformes n'étaient "pas en concurrence". Et que Kiev devait poursuivre, malgré la guerre, ses efforts contre la corruption et pour garantir le fonctionnement de la justice. Le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, dont le pays vient de prendre la présidence de l'UE, ainsi que son homologue polonais Mateusz Morawiecki, étaient aussi présents pour dessiner l'ébauche d'une sorte de "Plan Marshall". Ce programme économique américain avait permis de relever l'Europe occidentale des ruines de la Seconde Guerre mondiale.

La conférence avait été planifiée bien avant la guerre et devait initialement se concentrer sur les réformes en Ukraine, notamment la lutte contre une corruption endémique. Dans son rapport 2021, l'ONG Transparency International classe ce pays à la 122e position sur 180. C'est mieux qu'en 2014 (142e), et mieux que la Russie (136e), mais encore très loin derrière ses voisins membres de l'UE (le moins bien placé, la Bulgarie, est au 78e rang).

Le sujet de la corruption a été mis en avant par les intervenants dès le départ en raison des sommes en jeu et des risques de détournement. Lugano n'a pas vocation à être une conférence de donateurs – où chacun annonce le montant de son "chèque" – mais doit plutôt définir les principes et les priorités d'un processus de reconstruction. La Conférence doit s'achever mardi avec l'adoption des principes de Lugano destinés à guider un effort colossal qui pourrait durer plusieurs décennies, selon un diplomate suisse.

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