Guerre en Ukraine : "On a documenté des bombardements sur des zones résidentielles, des hôpitaux, des écoles", déplore Amnesty International

"Nous demandons à la communauté internationale de collaborer avec la Cour pénale internationale pour collecter toutes ces atteintes majeures aux droits humains, pour qu'un jour les auteurs soient jugés", réclame Amnesty International.

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Radio France
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Manifestation de soutien à l'Ukraine organisée le 28 février 2022 à Lisbonne au Portugal. (MARIO CRUZ / LUSA)

Jean-Claude Samouiller, vice-président chez Amnesty International France, indique lundi 7 mars sur franceinfo que l'ONG "a documenté des bombardements sur des zones résidentielles, des hôpitaux, des écoles" depuis le début de la guerre en Ukraine. L'association dénonce "des crimes de guerre" avec des "civils en première ligne". Amnesty International appelle la communauté internationale à travailler avec la Cour pénale internationale afin de "collecter toutes ces atteintes majeures aux droits humains".

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franceinfo : Quelle est la situation des civils en Ukraine ?

Jean-Claude Samouiller : Depuis le premier jour, les civils sont en première ligne. Nos équipes ont documenté des bombardements sur des zones résidentielles, sur des hôpitaux ou des écoles. On a documenté l'utilisation d'armes non-discriminantes [sans distinction entre civils et militaires] et d'armes à sous-munitions [qui explosent en deux temps, interdites par le droit international]. Tout ceci est constitutif de crimes de guerre, voire de crimes contre l'humanité. Les populations civiles sont en première ligne, c'est une violation du droit international.

Est-il encore possible pour Amnesty International de travailler en Ukraine ?

Nous avons différents types d'interventions. Nous avons un laboratoire qui documente les atteintes aux droits humains via des photos satellites. On a une autre équipe ukrainienne protégée dans des abris, dans d'autres villes que Kiev. Une partie a été accueillie par Amnesty Pologne. Nous avons aussi nos sources habituelles pour collecter les informations. C'est un travail difficile. Toutes les personnes qui sont défenseures des droits, qui font partie du personnel des ONG, il faut être très vigilant à leur sécurité.

Les couloirs humanitaires proposés par la Russie, et rejetés par l'Ukraine, ça ressemble à ce qui s'est passé en Syrie ?

Oui, c'est ce qui s'est passé à Grozny [en Tchétchénie], à Alep et Homs [en Syrie]. Chaque fois, il y a des promesses de cessez-le-feu et de couloirs humanitaires, et en réalité, rien ne se passe comme promis. Ce sont des violations massives envers les droits des populations civiles. Nous sommes très perplexes par rapport aux propositions de Moscou : il suffit de voir ce qui s'est passé dimanche à Marioupol, les couloirs humanitaires ne sont pas mis en place. Nous demandons à la communauté internationale de collaborer avec la Cour pénale internationale pour collecter toutes ces atteintes majeures aux droits humains, pour qu'un jour les auteurs soient jugés.

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