Guerre en Ukraine : les pénuries sont "grandissantes", constate le CICR

Le cessez-le-feu qui devait avoir lieu ce samedi à Marioupol en Ukraine pour permettre l’évacuation de civils n’a pas été respecté.

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Radio France
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Des habitants attendent pour remplir des récipients d'eau dans la région de Marioupol le 1er mars 2022. (IVAN RODIONOV / SPUTNIK)

"Nous en sommes à des bombardements dans des zones densément peuplées, avec des gens qui sont effrayés, qui se terrent depuis des jours, et avec des pénuries grandissantes, que ce soit en terme médical ou en besoins essentiels", constate samedi 5 mars sur franceinfo Frédéric Joli, le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au sujet de la situation en Ukraine.

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Un cessez-le-feu devait avoir lieu ce samedi dans la ville portuaire de Marioupol, pour permettre l’évacuation de civils, mais n’a pas été respecté, selon la mairie de la ville ukrainienne. Le CICR souhaite "encourager les négociations" entre les différentes parties au conflit.

franceinfo : Le cessez-le-feu devait permettre l’évacuation des civils, comment cela se passe-t-il dans ce genre de situation ?

Le cessez-le-feu doit permettre aux civils qui se terrent depuis des jours de pouvoir sortir et gagner un endroit plus en sécurité. Mais il faut que cette trêve soit véritablement respectée. Les combats sont intenses, mes collègues du CICR sont sur place. On a pu faire des livraisons les jours précédents, notamment à l’hôpital, ou de l’acheminement d’assistance à certaines populations déplacées. Mais les combats s’intensifiant, la sécurité devenant de plus en plus difficile pour les mouvements humanitaires, il est évident que, s’il doit y avoir une trêve, elle devra être respectée de toutes parts, que les personnes actuellement piégées dans les combats puissent s’enfuir de la manière la plus sécurisée qui soit.

Les ONG sur place sont-elles prêtes à mettre en place ces corridors ?

Nous n'en sommes pas encore à mettre en place ces corridors. Nous en sommes à des bombardements dans des zones densément peuplées, avec des gens qui sont effrayés, qui se terrent depuis des jours, et avec des pénuries grandissantes, que ce soit en terme médical ou en besoins essentiels, de l’eau, de la nourriture. Des infrastructures essentielles à la survie ont été touchées, donc cela paralyse un peu plus les différents systèmes de service public qui permettent à la population de survivre. S’il y a un dialogue entre les différents partis autour d’une trêve, cela permettrait de soulager déjà la souffrance et le stress de la population. Mais il faudrait envisager des systèmes beaucoup plus pérennes pour permettre à la population civile de vivre malgré ce qui se passe à Marioupol et dans toute sa région.

Qu’entendez-vous par "système plus pérenne" ?

Toutes les parties au conflit sont soumises aux fameuses conventions de Genève qui organisent le champ de bataille, mettent des limites à la guerre. Elles distinguent les civils des combattants. Ceux qui ne combattent plus, blessés ou prisonniers ne font plus partie du conflit et doivent être traités avec humanité. Toutes les parties au conflit d’aujourd’hui ont la responsabilité de la mise en œuvre de ces règles-là. Des discussions se font d’ailleurs autour de trêves avec des agendas humanitaires. Il faut encourager ces négociations, ces pourparlers, et le CICR, en tant qu’intermédiaire neutre, est à disposition pour faciliter et amplifier ces discussions dans les différents endroits où les urgences les plus prégnantes se font ressentir aujourd’hui.

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