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Guerre en Ukraine : ce que l'on sait après la frappe russe qui a détruit un immeuble résidentiel et fait une cinquantaine de morts à Tchassiv Iar

Les forces russes ont visé samedi dernier un complexe d'appartements dans cette ville de la région de Donetsk. Depuis, le bilan ne cesse de s'alourdir.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Des secouristes en pleines recherches dans les décombres autour d'un complexe d'appartements touché par une frappe russe à Tchassiv Iar, dans l'est de l'Ukraine, le 10 juillet 2022.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

Il s'agit de l'un des bilans les plus lourds causés par une frappe dans le Donbass depuis le bombardement de la gare de Kramatorsk (Ukraine), le 8 avril. Une frappe russe a ciblé samedi 9 juillet un quartier résidentiel de Tchassiv Iar, à une vingtaine de kilomètres de Kramatorsk, faisant au moins 47 morts, d'après un dernier bilan du service d'urgence de l'Etat ukrainien sur Facebook, mercredi 13 juillet.

Tchassiv Iar, ville de près de 13 000 habitants, est située dans la région de Donetsk, priorité des forces russes dans l'est de l'Ukraine après leur capture revendiquée de la totalité de région voisine de Louhansk. Selon le gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, au moins 591 civils ont été tués et 1 548 autres blessés dans ce territoire depuis le début de l'invasion russe. Franceinfo revient sur ce que l'on sait de cette nouvelle frappe meurtrière des forces russes. 

Un complexe d'appartements éventré 

"Hier à 21h17, deux immeubles résidentiels de cinq étages ont été détruits à la suite de bombardements dans la ville de Tchassiv Iar", a affirmé dimanche matin le service d'urgence de l'Etat ukrainien. Les images publiées montrent l'étendue des décombres du complexe. 

Des habitants interrogés par les agences Associated Press (AP) et Reuters ont entendus au moins trois explosions. "J'étais dans la chambre à coucher, je suis sortie et tout a commencé à trembler, à s'effondrer. Ce qui m'a sauvée, c'est l'onde de l'explosion qui m'a propulsée, en sang, dans les toilettes", a témoigné une habitante interrogée par l'AFP. "Il y a eu une explosion, toutes les fenêtres ont été brisées et j'ai été jetée à terre", poursuit Oksana auprès de l'agence AP*. "Les murs de ma cuisine et mon balcon ont complètement disparu."

"Voici le lit de ma grand-mère", a également confié face aux ruines un autre habitant, Oleksandr, auprès du New York Times*. Le complexe d'appartements touché était un logement social "pour personnes vulnérables", a précisé Sebastian Rhodes Stampa, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires* à l'ONU. D'après l'agence AP, la plupart des habitants de ce quartier résidentiel sont des ouvriers employés dans les usines à proximité. Plusieurs locaux ont assuré à des médias, dont le New York Times*, que des soldats résidaient également dans ces immeubles. 

Dimanche, des journalistes de l'AFP arrivés sur place ont vu un immeuble partiellement effondré, des secouristes et une pelleteuse s'attelant à déblayer les lieux. Une partie de cette résidence a été réduite à néant par la frappe. Pavlo Kyrylenko a assuré que cet immeuble avait été touché par un missile russe Ouragan. 

Un bilan qui n'a cessé de s'alourdir

Plus d'une cinquantaine de sauveteurs ont été mobilisés dimanche pour tenter de secourir des habitants dans les ruines du complexe résidentiel, selon le service d'urgence de l'Etat ukrainien. Un premier bilan a d'abord fait état d'au moins six morts et de cinq blessés, mais "il pourrait y avoir 34 personnes de plus sous les décombres, dont un enfant de 9 ans", avait prévenu le service d'urgence sur Facebook. Le bilan est ensuite passé à quinze morts. Il y a "15 noms dans la liste des morts et, malheureusement, ce n'est pas le nombre final", a réagi le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Des secouristes déplacent le corps d'une victime après une frappe russe sur un immeuble de Tchassiv Iar (Ukraine), le 11 juillet 2022.  (METIN AKTAS / ANADOLU AGENCY / AFP)

 Alors que 56 secouristes étaient toujours mobilisés lundi, selon Pavlo Kyrylenko, le bilan de la frappe russe est monté à 31 morts. Mardi matin, les secouristes avaient réussi à nettoyer environ 70% des décombres, d'après le gouverneur de la région de Donetsk. Ce même jour, le bilan du bombardement a atteint 35, puis 41 morts. Des secouristes interrogés par le quotidien britannique The Guardian* n'avaient plus grand espoir de retrouver des survivants. 

Sur Facebook (en ukrainien), les secours ont fait état de plus de 400 tonnes de décombres. Les derniers bilans livrés par les secouristes, mercredi 13 juillet, ont fait état d'au moins 45, puis 47 morts. 

Kiev parle d'"attaque terroriste", Moscou affirme avoir tué des combattants

Après cette frappe, Volodymyr Zelensky a accusé le Kremlin de cibler délibérément des civils et a évoqué "des sanctions inévitables pour tout meurtrier russe", note The Guardian*. "Quiconque ordonne de telles frappes, quiconque les exécute dans des villes ordinaires, dans des zones résidentielles, tue de manière absolument consciente", a-t-il déclaré lors d'un discours à la nation dimanche soir. Andriy Yermak, chef du bureau du chef d'Etat ukrainien, a évoqué "une autre attaque terroriste" et a plaidé pour désigner la Russie comme un "Etat parrain du terrorisme". 

Du côté de Moscou, qui nie régulièrement cibler des civils en Ukraine, le porte-parole du ministère de la Défense, Igor Konachenkov, a affirmé que "plus de 300" combattants ukrainiens avaient été tués dans une frappe sur Tchassiv Iar. Il n'a pas évoqué le complexe résidentiel touché, parlant de "missile de haute précision" ayant détruit un "point de déploiement" de l'armée ukrainienne.

*Ces liens renvoient vers des pages en anglais. 

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