Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir de la journée du vendredi 13 mai

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que le président français Emmanuel Macron essayait "en vain" de dialoguer avec son homologue russe Vladimir Poutine.

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Un policier dans le village de Vilkhivka, récemment repris par l'armée ukrainienne, près de la ville orientale de Kharkiv, le 13 mai 2022. (DIMITAR DILKOFF / AFP)

Nouvelle journée intense sur le front diplomatique. L'Union européenne s'est engagée vendredi 13 mai à apporter une aide supplémentaire d'un demi-milliard d'euros pour soutenir le combat de l'Ukraine face à l'invasion russe. Sur le terrain, les combats continuent dans l'est entre forces russes et armée ukrainienne, notamment à Marioupol.

Franceinfo revient sur ce qu'il faut retenir de la journée.

L'Union européenne met un demi-milliard d'euros sur la table pour Kiev

Face à la poursuite des bombardements et de l'offensive russe contre l'Ukraine, l'Union européenne a annoncé qu'elle allait ajouter 500 millions d'euros à son financement de l'effort militaire ukrainien, en le portant "à 2 milliards d'euros au total".

La recette est "claire", a déclaré le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell à l'occasion d'une réunion du G7 à Wangels, dans l'extrême nord de l'Allemagne : il faut "plus de la même chose", à savoir davantage de sanctions économiques contre la Russie, de soutien à Kiev, et aussi "continuer de travailler à isoler la Russie".

Sur le sujet des sanctions, les 27 membres de l'UE n'ont cependant toujours pas réussi à se mettre d'accord pour arrêter progressivement leurs achats de pétrole russe, la Hongrie ayant jugé insuffisante la dérogation obtenue.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a assuré Kiev du soutien du G7 "jusqu'à la victoire de l'Ukraine". "Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie, c'est la Russie qui est en guerre contre l'Ukraine: il y a un agresseur et un agressé et nous soutenons l'agressé", a-t-il souligné.

Encore 600 blessés dans l'usine Azovstal

Environ un millier de soldats ukrainiens restent retranchés dans les entrailles de l'usine sidérurgique Azovstal à Marioupol, la grande ville portuaire du sud-est assiégée par les forces russes. "Il y a près de 600 blessés sur Azovstal, les Russes continuent de bombarder l'hôpital militaire", a témoigné depuis l'usine, le commandant adjoint du régiment Azov, une des formations ukrainiennes qui s'y trouvent.

"Nous allons résister tant que nous pourrons (...), si on ne l'avait pas fait, cette horde irait plus loin", a-t-il ajouté lors d'une conférence en ligne. "Je voudrais que les Etats-Unis aident à évacuer nos blessés et mobilisent tous les efforts pour aider à l'extraction de notre régiment" de cet encerclement, a-t-il encore dit.

Les efforts internationaux, jusqu'à ceux du pape François, se sont révélés infructueux jusqu'à présent pour sauver les soldats ukrainiens retranchés dans cette ville à 90% détruite par les bombardements russes.

Les séparatistes d'Ossétie du Sud veulent un rattachement à la Russie

En Géorgie, les autorités prorusse de la république autoproclamée d'Ossétie du Sud ont annoncé vouloir organiser le 17 juillet un référendum sur son intégration à la Russie. Cette province, indépendante de fait de la Géorgie pro-occidentale, est occupée par des forces de Moscou depuis une intervention militaire russe en 2008, 

"Le moment est venu de s'unir une fois pour toutes". "L'Ossétie du Sud et la Russie seront ensemble, c'est le début d'une grande nouvelle histoire", a déclaré le "président" d'Ossétie du Sud Anatoli Bibilov, laissant craindre l'apparition d'un autre foyer de tension, cette fois au flanc de la Géorgie, qui a fait vœu de longue date, comme l'Ukraine, de rejoindre l'Union européenne et l'Otan.

Friture sur la ligne entre Zelensky et Macron

Sur cette question de l'attitude envers le Kremlin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que le président français Emmanuel Macron essayait "en vain" de dialoguer avec son homologue russe Vladimir Poutine.

"Il ne faut pas chercher une porte de sortie pour la Russie, et Macron le fait en vain", a regretté Volodymyr Zelensky jeudi soir sur la chaîne de télévision italienne RAI 1. Emmanuel Macron avait affirmé lundi que, pour mettre fin à la guerre menée en Ukraine par l'armée russe, la paix devrait se construire sans "humilier" la Russie.

"Le président de la République n'a jamais rien discuté avec Vladimir Poutine sans l'accord du président Zelensky. Il a toujours dit que c'était aux Ukrainiens de décider des termes de leur négociation avec les Russes", s'est défendu de son côté la présidence française vendredi.

La Russie coupe ses livraisons d'électricité à la Finlande

Conséquence directe de l'invasion russe de l'Ukraine, Suède et Finlande, deux membres de l'Union européenne restés des décennies hors des alliances militaires, doivent annoncer d'ici le début de la semaine prochaine leur candidature à l'Otan.

La Russie avait mis en garde en particulier la Finlande, pays voisin. Et vendredi, la filiale locale du fournisseur russe d'électricité InterRAO a annoncé suspendre à partir de samedi ses livraisons à ce pays, invoquant des problèmes de paiement. L'opérateur finlandais a cependant assuré qu'il pourrait se passer de l'électricité russe, qui représente "moins de 10%" de ses besoins.

Quant au président turc Recep Tayyip Erdogan, il a exprimé vendredi son hostilité à l'adhésion de ces deux pays à l'Otan, au risque de bloquer l'ensemble du processus qui requiert l'unanimité des membres de l'Alliance atlantique.

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