Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir de la journée du jeudi 21 juillet

Kiev a accusé Moscou, jeudi, de stocker des armes lourdes dans la centrale nucléaire occupée de Zaporijia.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Des habitants de Kharkiv (Ukraine) sous le choc après un nouveau bombardement, le 21 juillet 2022. (SOFIA BOBOK / ANADOLU AGENCY / AFP)

Une femme, en état de choc, qui tient la main de son mari dont le corps sans vie a été recouvert d'une couverture au milieu des débris de verre. La photo a été prise dans la matinée du jeudi 21 juillet à Kharkiv : la deuxième ville d'Ukraine a de nouveau été la cible d'un bombardement russe. Les autorités locales évoquent 3 morts et 23 blessés. Franceinfo fait le point sur la situation, au 148e jour de guerre.

Trois morts dans une frappe à Kharkiv

A Kharkiv, une nouvelle frappe a fait trois morts et 23 blessés, jeudi matin. Quatre des blessés sont dans un état grave à la suite de ce bombardement au lance-roquettes multiple, a annoncé le gouverneur de l'oblast, Oleh Synehoubov, sur Telegram. 

Située à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe, la ville de Kharkiv a été pilonnée par l’armée russe depuis le début de l'invasion fin février, mais les troupes de Moscou n’ont jamais réussi à la prendre. La veille, déjà, trois personnes avaient été tuées, dont un adolescent près d'un d'arrêt de bus.

Kiev accuse Moscou de stocker des armes dans la centrale nucléaire de Zaporijia

L'Ukraine accuse la Russie de stocker des armes lourdes et des munitions sur le site de la centrale nucléaire occupée de Zaporijia, dans le sud du pays. Selon Energoatom, l'opérateur ukrainien de l'énergie nucléaire, au moins quatorze unités de matériel militaire lourd avec leurs munitions sont stockées dans la salle des machines du réacteur 1 de la centrale, qui est la plus grande d’Europe. "L'ensemble de l'arsenal lourd amené avec toutes les munitions est désormais très proche des équipements qui assurent le fonctionnement du turbo-générateur", s'alarme la société sur sa chaîne Telegram.

Les équipements russes sont situés à proximité immédiate du réservoir d'huile principal, dont le produit inflammable sert à refroidir la turbine à vapeur, tout comme l'hydrogène servant à refroidir le générateur, selon Energoatom. La compagnie ukrainienne s'inquiète d'un risque de détonation accidentelle et d'incendie.

Le président biélorusse appelle Kiev et l'Occident à faire cesser la guerre en Ukraine

"Allez, arrêtons-nous. Il ne faut pas aller plus loin." Dans un entretien accordé à l'AFP, le président biélorusse appelle Kiev et l'Occident à faire cesser la guerre en Ukraine. "Plus loin, c'est le précipice. Plus loin, c'est la guerre nucléaire. (...) Il faut arrêter, s'entendre, arrêter ce chaos", a plaidé Alexandre Loukachenko.

Principal allié de Moscou, Alexandre Loukachenko avait prêté le territoire de son pays à l'armée russe, en début d'année, pour qu'elle puisse lancer son offensive sur l'Ukraine le 24 février. Selon lui, ce sont aujourd'hui les Européens et les Américains qui encouragent l'Ukraine au combat : "Tout dépend de l'Ukraine, actuellement, la particularité du moment est que la guerre peut se finir dans des conditions plus préférables pour l'Ukraine"

La Russie a bien rouvert les vannes

Fin du suspens. Moscou a rouvert le robinet du gaz vers l'Europe en redémarrant le gazoduc Nord Stream 1 après dix jours d'entretien annuel du gazoduc. Arguant de l'absence d'une turbine en maintenance au Canada, Gazprom a déjà réduit à 40% des capacités les livraisons via Nord Stream depuis mi-juin. Le Kremlin juge que des restrictions occidentales causent les problèmes techniques de livraison de gaz russe vers l'Europe. "Ce sont ces restrictions qui empêchent d'effectuer les réparations d'équipements, notamment des turbines dans les stations de compression", a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Moscou et Kiev vont signer un accord en Turquie vendredi au sujet des céréales ukrainiennes 

Elles étaient bloquées depuis plusieurs mois à cause de la guerre : les céréales ukrainiennes devraient bientôt pouvoir sortir du pays par la mer Noire. La Russie et l'Ukraine vont signer un accord sur leurs exportations à Istanbul vendredi après-midi, a annoncé jeudi soir la présidence turque.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, ainsi que des représentants de la Russie et de l'Ukraine, participeront à la cérémonie de signature. L'accord devrait également permettre un allégement des entraves à l'exportation de grains et d'engrais russes.

La hryvnia perd de la valeur

La banque centrale d'Ukraine a annoncé la dévaluation de 25% de la monnaie nationale ukrainienne. Elle établit le taux d'échange à 36,57 hryvnias pour un dollar contre 29,25 hryvnias pour un dollar auparavant, cours qui était en vigueur dès le début de l'invasion russe fin février.

Zelensky dément personnellement des rumeurs sur son état de santé

"Volodymyr Zelensky se trouve en soins intensifs dans un état grave. Ses fonctions sont désormais assurées par le président de la Rada", Rouslan Stefantchouk. Ce jeudi, une surprise attendait les auditeurs des radios Bayaktar et Melodie FM, deux stations populaires en Ukraine. Les programmes habituels ont été perturbés par une annonce pour le moins étonnante, et totalement fausse, portant sur l'état de santé du président ukrainien. Une vidéo, tournée dans l'habitacle d'un véhicule, circule ainsi sur les réseaux sociaux, avec le message audio en question.

Le groupe TAVR Media, propriétaire des deux antennes, a rapidement publié un communiqué évoquant une "cyberattaque menée sur ses serveurs", précisant que "les services concernés s'efforçaient de résoudre le problème". Tout en insistant, au passage, sur le fait que ces déclarations sur l'état de santé de Volodymyr Zelensky "ne correspondaient pas à la réalité". L'intéressé a plus tard lui-même démenti sur Instagram les rumeurs.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Guerre en Ukraine

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.