Guerre en Ukraine : Amnesty international accuse la Russie de faire usage de bombes à sous-munitions

Selon un rapport de l'ONG publié ce dimanche, l'armée russe fait un large usage de ces armements, notamment à Kharkiv, la deuxième ville du pays, au mois de mars. Des bombes pourtant interdites par la Convention d'Oslo.

Article rédigé par
Jean-Sébastien Soldaïni - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une femme marche dans un quartier dévasté du nord de Kharkiv (Ukraine), le 29 mai 2022. (GENYA SAVILOV / AFP)

Les premières frappes documentées remontent au 24 mars, un mois exactement après le début de l'invasion russe en Ukraine. Six personnes sont tuées dans une file d'attente pour recevoir de l'aide humanitaire à Kharkiv, la deuxième ville du pays. Les autres cibles, selon des témoins, sont des aires de jeu ou encore des cimetières.

>> Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir de la journée du 12 juin

À chaque fois, le même récit : une roquette qui passe et de multiples explosions caractéristiques des bombes à sous-munitions. Tels sont les témoignages révélés par un rapport d'Amnesty international, dimanche 12 juin, faisant état d'un large usage de ces armes interdites par la Convention d'Oslo.

"30 et 32 sous-munitions chacune"

Donatella Rovera, spécialiste des crimes de guerre pour l'ONG, est allée en personne sur place afin de recueillir des preuves matérielles : "Dans pratiquement chaque lieu de frappe, nous avons trouvé les restes des obus qui avaient été utilisés. Cela nous a permis d'établir avec précision absolue quelle avait été l'arme utilisée, donc des roquettes Ouragan. Chacune contient entre 30 et 32 sous-munitions". Celles-ci produisent des éclats bien précis et des dégâts sur les bâtiments très caractéristiques, précise Donatella Rovera. Ses équipes ont aussi analysé les trajectoires, croisé les données avec la géolocalisation des troupes présentes à l'époque. Et il y a peu de doutes, selon Amnesty International : la Russie est soupçonnée d'avoir mené ces tirs.

Les forces russes ont continué durant tout le week-end de pillonner Svedoronesk, la ville stratégique du Donbass, dans l'Est du pays. L'Ukraine redoute une offensive ennemie ce lundi ou mardi dans laquelle les hommes de Vladimir Poutine mettraient toutes leurs réserves.L'armée russe a annoncé dimanche avoir détruit dans l'Ouest du pays des livraisons d'armes occidentales, vitales pour Kiev.

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