Guerre en Ukraine : "À la fin, on aura un accord" des Vingt-Sept pour un embargo sur le pétrole russe, assure Josep Borrell

Le chef de la diplomatie européenne était l'invité de franceinfo lundi, à quelques heures d'un sommet européen consacré à la guerre en Ukraine. 

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Josep Borrell durant une conférence de presse après un conseil européen de défense à Bruxelles, le 17 mai 2022. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

"À la fin, on aura un accord" des Vingt-Sept pour imposer un embargo sur le pétrole russe, a affirmé Josep Borrell, haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, lundi 30 mai sur franceinfo. Un sommet européen doit se dérouler lundi et mardi à propos de la guerre en Ukraine. 

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Pour arriver à cet accord, l'une des solutions pourrait être d'interdire uniquement les importations de pétrole par bateau. "Soyons pragmatiques : l'important est de trouver un accord qui rallie tout le monde", dit-il.

franceinfo : Se dirige-t-on vers un échec des Vingt-Sept pour trouver un accord ?

Josep Borrell : Non, je ne pense pas. À la fin, on aura un accord. Il faut tenir compte des circonstances de chacun et décider à l'unanimité. Il y a eu des tractations dimanche tout l'après-midi et lundi matin. On va continuer à travailler. Je pense que lundi après-midi, on pourra offrir aux chefs d'État et de gouvernement un accord.

L'une des solutions serait d'interdire uniquement les importations de pétrole par bateau. Est-ce la solution qui va permettre de réunir l'unanimité ?

Oui. Soyons pragmatiques : les pays enclavés comme la Hongrie, la République tchèque ou la Slovaquie représentent 7 à 8% des importations de pétrole russe. C'est donc évident qu'ils ont des difficultés particulières. Il faut alors aller de l'avant, en cherchant des solutions, en leur donnant plus de temps pour s'adapter. Que veut dire 7%, 93% ou 100% ? L'important est de trouver un accord qui rallie tout le monde.

Depuis le début du conflit, quasiment plus de blé ne sort d'Ukraine, en raison notamment du blocus imposé par la Russie. Vladimir Poutine se sert-il du blé comme d'une arme de guerre?

Évidemment, il se sert du blé comme une arme de guerre. Il y a 20 millions de tonnes de blé stockées en Ukraine et il faudrait les exporter. Il faudrait l'amener là où les gens le consomment. En plus, il faut faire de la place dans les stockages pour la prochaine récolte. Sinon, on ne saura pas où le mettre. Il faut trouver un moyen alternatif à la voie maritime, mais c'est très difficile. On y travaille mais la possibilité d'amener les 20 millions de tonnes vers un port dans la mer Noire, en Roumanie et en Bulgarie, dans les Pays baltes, par le chemin de fer, c'est au compte-gouttes.

Pour éviter une pénurie, l’Inde a interdit les exportations de blé. L'Europe pourrait-elle faire la même chose ?

Au contraire, on n'a pas ce problème de rareté. On a dit aux producteurs européens, "produisez autant que vous pouvez, fini les limites à la production !" Maintenant, on est en train de monter la production. Mais, heureusement pour nous, ce n'est pas nous qui faisons face à une pénurie.

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