Energie : l'Union européenne refuse de payer le gaz russe en roubles et se prépare à une rupture avec Moscou

La demande du Kremlin de payer les achats en roubles est "une modification unilatérale et injustifiée des contrats et il est légitime de la rejeter", a déclaré, lundi, la commissaire européenne à l'Energie, Kadri Simson.

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Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, discute avec Teresa Ribera (gauche), la ministre espagnole de l'Environnement et de l'énergie, et Duarte Cordeiro (droite), le ministre portugais de l'Environnement et de l'Action climatique, le 2 mai 2022 à Bruxelles. (JOHN THYS / AFP)

C'est niet. L'Union européenne refuse de payer ses achats de gaz à la Russie en roubles et doit se préparer à une rupture dans ses approvisionnements. C'est l'avertissement lancé, lundi 2 mai, par la Commission européenne et la présidence française du Conseil à l'issue d'une réunion d'urgence des ministres de l"Energie des 27 à Bruxelles.

La demande de Moscou de payer les achats en roubles est "une modification unilatérale et injustifiée des contrats et il est légitime de la rejeter", a déclaré la commissaire européenne à l'Energie, Kadri Simson. Elle précise que "97% des contrats [conclus par les entreprises européennes] spécifient la devise pour le paiement et il s'agit soit de l'euro, soit du dollar américain".

Kadri Simson a affirmé ne pas avoir connaissance d'ouverture de comptes en roubles. "Des paiements sont prévus pour la mi-mai et la majorité des entreprises respecteront les règles des contrats", a-t-elle assuré. La ministre française de la Transition écologique, Barbara Pompili, présidente de la réunion, a confirmé la "volonté de respecter les contrats".

"Diversifier la manière de produire l'électricité et de se chauffer"

"Nous devons nous préparer à une suspension des approvisionnements", a averti la commissaire européenne. "Il n'y a pas de risques immédiats. Mais nous ne pourrons pas remplacer les 150 milliards de m3 de gaz achetés à la Russie par d'autres sources. Ce n'est pas tenable", a-t-elle reconnu. "Nous pouvons gérer le remplacement de deux tiers des approvisionnements en gaz russe."

Kadri Simson a insisté sur la nécessité pour les Etats membres de remplir leurs réserves et Barbara Pompili a souligné l'impératif de "diversifier la manière de produire l'électricité et de se chauffer". "L'Europe doit se débarrasser de la dépendance aux énergies fossiles russes", a affirmé la ministre de l'Environnement polonaise, Anna Moskwa. "Nos réserves seront à 100% de leurs capacités pour cet hiver", a-t-elle assuré. "Du gaz naturel liquéfié américain a commencé à arriver par la Lituanie et nous allons nous fournir en gaz de Norvège par le Danemark", a-t-elle expliqué.

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