Aide de 150 euros pour les familles qui accueillent des réfugiés ukrainiens : "C'est une bonne nouvelle" pour le président d'une association

Selon le gouvernement, entre 5 000 et 12 000 familles toucheront cette aide à partir de la fin du mois de novembre.  

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Radio France
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  (VANESSA MEYER / MAXPPP)

"C'est une bonne nouvelle puisque les premiers Ukrainiens que nous avons accueillis à Saint-Gilles-Croix-de-Vie sont arrivés le 5 mars dernier", se réjouit mercredi 5 octobre sur franceinfo François Blanchet, maire de la commune de Vendée et président de l'association "Les Joyeux Petits Souliers" qui a organisé l'arrivée de plusieurs familles ukrainiennes en France. Il réagit à l'annonce faite par Elisabeth Borne, lundi, d'aider financièrement les familles françaises qui hébergent des réfugiés ukrainiens. Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au Logement, a précisé mercredi 5 octobre le montant de cette aide de 150 euros par mois à partir de fin novembre pour les foyers qui ont reçu ou reçoivent encore des réfugiés en provenance d'Ukraine pendant au moins 90 jours.

franceinfo : Comment avez-vous réagi à l'annonce de cette aide qui va donc concerner entre 5 000 et 12 000 familles françaises ?

François BlanchetC'est une bonne nouvelle puisque les premiers Ukrainiens que nous avons accueillis à Saint-Gilles-Croix-de-Vie sont arrivés le 5 mars dernier. Il y a eu un vrai élan de solidarité mais pour les gens ça a aussi été un véritable investissement. Un petit regret toutefois, que l'aide couvre la période du 1er avril au 31 décembre 2022 et qu'elle ne démarre pas au 1er mars. On a beaucoup de réfugiés qui sont arrivés au début de la guerre et qui sont repartis en mai ou en juin, à la fin de l'école. Je ne suis donc pas certain que toutes les familles qui ont accueilli ces personnes comptabilisent bien les 90 jours nécessaires pour avoir droit à l'aide.

Elle a un coût cette solidarité pour les familles qui ont accueilli des réfugiés ukrainiens ?

Oui elle a un coût, parce qu'accueillir chez soi deux ou trois personnes quand on est déjà trois, quatre ou cinq ce n'est pas forcément facile mais beaucoup de gens ne se sont pas posé la question. Les gens qui quittaient l'Ukraine c'était la valise ou le cercueil. Les gens ont donc ouvert leur maison, leur coeur, les entreprises aussi. Il y a eu un véritable élan de solidarité. Je pense que les gens ne se sont pas posé la question des finances quand ils ont accueilli les Ukrainiens. Toutefois, quand ils sont arrivés, on ne savait pas si ça allait durer huit jours, un mois ou trois mois... Et pour beaucoup de gens, ça dure encore. On a des gens qui sont arrivés au mois de mars et qui y sont toujours hébergés dans des familles aujourd'hui. Forcément, avec le temps, la question financière finit par se poser alors que ce n'était pas forcément une question prioritaire au début.

Pensez-vous que la question des finances ait pu décourager certaines familles françaises à ouvrir leur porte ?

Ces questions n'ont pas découragé les bonnes volontés au départ mais c'est arrivé ensuite. C'est-à-dire qu'on a dû replacer des familles ukrainiennes parce que pour certaines familles françaises, au bout d'un mois, un mois et demi, c'était devenu compliqué financièrement. Nous, avec l'association, on a pallié cela. On a pris en charge des courses, des inscriptions aux écoles, etc. On a dû faire des ajustements. Je pense donc que pour tous les gens qui hébergent encore, cette aide sera la bienvenue.

Est-ce qu'en dehors de l'aspect financier, il y a d'autres difficultés ?

C'est vrai que ce ne sont pas des amis qu'on accueille pendant une semaine ou un mois, quand ça dure trois ou six mois, forcément c'est long et forcément il y a des soucis, des problèmes de cohabitation qui arrivent. Mais au-delà de ça, les familles qui accueillent retiennent une formidable aventure humaine. Sur la commune, il nous reste environ une dizaine de familles ukrainiennes et sur tout le territoire on avait accueilli 500 Ukrainiens avec l'association, 300 environ sont repartis et 200 sont donc toujours sur le territoire national.

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