Les Suisses approuvent par référendum un durcissement de leur législation sur les armes

Le gouvernement suisse avait averti les électeurs qu'un rejet de cette législation pouvait aboutir à une exclusion des accords européens de Schengen et de Dublin.

Des visiteurs photographiés lors de la Bourse aux armes internationale de Lucerne (Suisse), en mars 2019.
Des visiteurs photographiés lors de la Bourse aux armes internationale de Lucerne (Suisse), en mars 2019. (STEFAN WERMUTH / AFP)

La Suisse s'évite une crise avec ses voisins européens. Les électeurs ont approuvé par référendum, dimanche 19 mai, une loi durcissant les conditions d'acquisition de certaines armes, destinée à mettre la Confédération helvétique en conformité avec des mesures antiterroristes de l'Union européenne.

Près des deux tiers des électeurs de la Confédération (63,7%) ont approuvé la réforme (contre 36,3% en faveur du non), pour une participation de 43,34%, selon les chiffres définitifs donnés par l'agence de presse suisse Keystone-ATS. Sur les 26 cantons suisses, un seul, le canton italophone du Tessin (sud), a rejeté le texte, à 54,5%.

Avant le vote, le gouvernement suisse avait averti les électeurs qu'un rejet de cette nouvelle législation pourrait aboutir à une exclusion de la Suisse des accords européens de Schengen et de Dublin auxquels elle est associée tout en n'étant pas membre de l'UE. L'espace Schengen, zone de libre circulation où les contrôles aux frontières sont abolis en temps normal, est actuellement composé de 26 pays, dont 22 membres de l'UE.

Les autorités soulagées

Une telle exclusion aurait eu des conséquences dans les domaines de la sécurité et de l'asile, mais aussi en matière de tourisme, et aurait coûté "plusieurs milliards de francs suisses par an", avaient averti les autorités fédérales.

"Dommage que la population ait suivi l'argument de la peur avec Schengen. C'est un peu malheureux, mais nous acceptons le résultat", a réagi Olivia de Weck, vice-présidente de ProTell, le lobby pro-armes mobilisé contre la nouvelle législation. "Aujourd'hui, je suis triste car nos libertés ont reculé", a de son côté affirmé le conseiller national (député) Jean-Luc Addor de l'UDC, parti de droite populiste qui recueille le plus de suffrages dans le pays et qui était le seul à soutenir les opposants à la nouvelle loiLes partisans de la loi et les services de sécurité ont au contraire exprimé leur "soulagement" au vu des premiers résultats.

Les armes sont très répandues en Suisse, même si, en l'absence de registre fédéral, il est difficile de connaître leur nombre exact. Selon le centre de recherches genevois Small Arms Survey, en 2017, plus de 2,3 millions d'armes étaient aux mains de civils en Suisse, soit près de trois pour 10 habitants, ce qui classe la Suisse au 16e rang mondial pour le nombre d'armes par habitant.