Les habitants de Macédoine disent largement "oui" au changement de nom de leur pays, sur fond de forte abstention

Plus de 90% des Macédoniens qui ont pris part au référendum ont approuvé l'accord avec la Grèce visant à rebaptiser "République de Macédoine du Nord" leur petit État des Balkans. Mais près des deux tiers des électeurs n'ont pas voté.

Un homme vote lors du référendum à Skopje, en Macédoine, le 30 septembre 2018.
Un homme vote lors du référendum à Skopje, en Macédoine, le 30 septembre 2018. (SPUTNIK / AFP)

Ne l'appelez plus Macédoine, mais Macédoine du Nord. Le "oui" l'a très largement emporté, dimanche 30 septembre, lors du référendum marqué par une forte abstention organisé pour que les Macédoniens se prononcent sur le changement de nom de leur pays, afin de se réconcilier avec la Grèce et de s'arrimer à l'Europe.

Selon des résultats quasi définitifs, 91,39% des Macédoniens qui ont pris part au référendum ont approuvé l'accord avec la Grèce visant à rebaptiser "République de Macédoine du Nord" leur petit État des Balkans. Mais plus que les 5,71% de non, ce sont les quelque deux tiers des électeurs qui n'ont pas voté qui fragilisent le Premier ministre social-démocrate Zoran Zaev.

"Ils ont choisi la voie européenne"

"Je pense que l'immense majorité des citoyens qui ont voté ont choisi la voie européenne", a déclaré Zoran Zaev au cours d'une conférence de presse. Celui-ci a dit espérer que les députés de l'opposition de droite (VMRO-DPMNE) "respecteront la volonté démocratique des citoyens" en ratifiant au parlement l'accord. Faute de quoi, il a annoncé qu'il organiserait des "élections parlementaires anticipées".

Pour cette ratification à la majorité des deux tiers, Zoran Zaev et ses alliés des partis de la minorité albanaise (20 à 25% des 2,1 millions d'habitants de ce pays majoritairement slave) ont besoin de la défection d'une dizaine de députés de droite.

L'Otan, qui a ouvert la porte à une adhésion macédonienne, a appelé "tous les dirigeants politiques et les partis à saisir cette occasion historique". De son côté, l'Union européenne a exhorté l'ensemble des parties à "respecter" les résultats. Même encouragement de la part des États-Unis "à s'élever au-dessus des divisions partisanes et saisir cette occasion historique d'assurer au pays un avenir plus radieux en tant que membre à part entière des institutions occidentales", selon un communiqué du département d'État.