Le troisième plan d'aide à la Grèce mal engagé

Première rencontre ce matin entre le ministre grec des finances Euclide Tsakalotos et les chefs de mission des créanciers de la Grèce pour négocier le troisième plan d’aide. La participation du FMI est en suspens.

(Euclide Tsakalotos (ministre grec des finances) et en arrière plan Christine Lagarde (FMI) lors de la nuit de négociation du 12 juillet à Bruxelles © Reuters/François Lenoir)

Ils ne sont plus trois, mais quatre créanciers à se rendre dorénavant en Grèce. On ne pourra donc plus parler officiellement de troïka. Déjà d'ailleurs on commence à évoquer un "quartet".

Pour la première fois aujourd'hui, ce quartet rencontre le ministre grec des finances Euclide Tsakalotos pour entamer les négociations sur le troisième plan d’aide à la Grèce. Ce quartet est composé de Declan Costello, délégué de la Commission européenne, Rasmus Rüffer de la Banque centrale européenne (BCE), Nicola Giammarioli du Mécanisme européen de stabilité (MES) et Delia Velculescu du Fonds monétaire international (FMI).

Le principe du troisième plan d’aide (d’environ 80 milliards d’euros) a été acté le 13 juillet. En échange le Parlement grec a fait passer deux trains de mesures qui ont profondément divisé Syriza.

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Le FMI redit ses doutes

Depuis Washington, un haut responsable du FMI a jeté un froid sur le début de ces négociations, mettant deux conditions pour participer au troisième plan d’aide:  l’adoption d’un ensemble cohérent et complet de réformes crédibles efficaces et durables en Grècel’acceptation par les créanciers d’un allègement significatif de la dette publique cumulée de la Grèce Le FMI se hisse ainsi au niveau d’un censeur orthodoxe dont l’avis est d’autant plus écouté que tous ont besoin de lui. La pilule est cependant difficile à avaler. Pour les Grecs, qui devront s’attendre à une flexibilité minimale dans l’application des réformes qui ne pourront épargner aucun secteur.Pour les autres pays de la zone euro qui ne souhaitaient surtout pas évoquer la réduction de la dette grecque avant d’avoir finalisé les accords de financement d’urgence et le nouveau plan d’aide plurinnannuel. Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras lui-même envisageait que cette réduction sur la dette grecque (qu’il a réclamé tout au long des négociations) ne serait pas évoquée par les créanciers avant novembre.

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Rien de nouveau mais..

Le ministère grec des Finances a pris acte des déclarations du FMI en rappelant que "la position du FMI sur la viabilité de la dette n'était pas nouvelle ", et que Christine Lagarde, la directrice du FMI, avait "fait de nombreuses déclarations sur cette question" .

De fait, les doutes du FMI sur la soutenabilité de la dette Grèce, c’est-à-dire la capacité de la Grèce à la rembourser un jour, sont connus depuis le début des négociations. Un document a même été publié au lendemain de l’accord du 13 juillet. 

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... incertitude sur les négociations qui démarrent

Les négociations doivent commencer aujourd’hui à 10h et on ne sait pas si le FMI va y participer en tant qu’observateur ou en tant que partie prenante. D’après le journaliste du Financial Times qui a remis le sujet à la une aujourd’hui, pour le moment, le FMI ne participera pas.

"J’ai dans les mains un document strictement confidentiel qui émane d'une réunion du comité des directeurs du FMI, écrit-il dans ce tweet. Pas de participation à un nouveau plan de sauvetage pour le moment"

Varoukakis n’est pas étonné

Sur son blog, l’ancien ministre des finances Yanis Varoufakis écrit : "Le FMI mettra-t-il des bâtons dans les roues, comme je le craignais, et comme le Dr Schäuble (ministre des finances allemand) l’espérait ?"

Pour lui, la position exprimée aujourd’hui par le FMI avec plus de force que précédemment n’a rien d’une surprise. 

"Selon ses propres règles, le FMI ne peut pas participer plusieurs fois à un plan de sauvetage. OK, ils ont déjà violé cette règle deux fois, mais je ne pense pas qu’ils le feront une troisième fois ".