Le pape sur l'île grecque de Lesbos pour soutenir les migrants

Le pape François est arrivé ce samedi à Lesbos, l’île grecque devenue la première porte d’entrée en Europe pour les migrants du Moyen-Orient. 2500 migrants attendent d’être expulsés vers la Turquie depuis l’accord UE-Turquie. Une visite éclair, et hautement symbolique.

(Le pape est arrivé à Lesbos, accueilli par Hiéronyme II, le chef de l'Eglise orthodoxe grecque © REUTERS / Alkis Konstantinidis)

En 2013, lors de son tout premier déplacement officiel sur l’île de Lampedusa, le pape François avait fustigé "la mondialisation de l'indifférence " devant les barques de naufragés. À Lesbos, sa visite intervient alors que les premiers migrants sont expulsés vers la Turquie en vertu de l’accord signé entre l’Union européenne et la Turquie, et entré en vigueur le 20 mars.

"L'Europe s'en est lavé les mains, elle a donné un peu d'argent à la Turquie et voilà..." - le cardinal Vegliò

Un accord vu d’un œil très critique au Vatican comme l’exprime le cardinal Vegliò qui préside le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants, sorte de ministre du pape pour les migrants : "Il y a beaucoup de perplexité sur cet accord. Avec cet accord l’Europe renvoie en arrière tous ceux qui arrivent à Lesbos. Mais ce n’est pas possible : les migrants ont des droits. L’Europe s’en est lavée les mains, elle a donné un peu d’argent à la Turquie et voilà… Mais où est l’humanité dans tout ça ? "

Au programme de cette journée, un déjeuner avec les migrants dans le camp d’internement de Moria où ils sont assignés. Dans le port de Lesbos, il lancera des couronnes de fleurs en mémoire des centaines d’adultes et d’enfants, morts noyés entre la Turquie et la Grèce. Cette visite est présentée aussi comme une visite de solidarité aux Grecs et aux quelques 80.000 habitants de Lesbos qui comme ceux de Lampedusa, se retrouvent au centre d’une crise migratoire d'une ampleur inédite.