L’Allemagne se dote d’une cyber-armée

La ministre de la Défense a présenté cette semaine à Bonn ce nouveau commando de la Bundeswehr, qui aura pour mission de protéger l’armée allemande contre les attaques informatiques et les nouvelles menaces technologiques.

L\'emblème de la nouvelle armée sur le képi que porteront ses soldats.
L'emblème de la nouvelle armée sur le képi que porteront ses soldats. (INA FASSBENDER / DPA)

C’est une première parmi les 28 pays membres de l’Otan : l’Allemagne disposera de sa propre cyber-armée, une force séparée au sein de la Bundeswehr, aux côtés de la marine, de l’armée de Terre et de l’Air.

Une évolution logique et nécessaire, si l'on en croit la ministre de la Défense. "Avec la mise en réseau et les évolutions technologiques de nos forces armées, nous sommes devenus vulnérables face à cette nouvelle menace, explique Ursula Von Der Leyen, qui a présenté le dispositif cette semaine. Nos systèmes sont visés en permanence par des cyber-attaques, quelles que soient les situations de crise, de conflit ou de guerre auxquelles nous sommes confrontés."

284 000 attaques informatique sur deux mois

Les chiffres sont spectaculaires. Sur les deux premiers mois de 2017, l’armée allemande a subi 284 000 attaques informatiques, heureusement sans conséquence. La menace est quotidienne et peut prendre différentes formes, comme le piratage d’un ordinateur de bord dans un char d’assaut nouvelle génération. Mais ce n’est qu’un scénario parmi d’autres. Marcel Dickow est chercheur, spécialiste en cyber-sécurité à Berlin : "On peut très bien imaginer par exemple une attaque contre les réseaux de communication de la Bundeswehr, explique-t-il. Notamment ceux qui permettent de dialoguer avec les différentes troupes sur un théâtre d’intervention. Enfin, l’autre scénario concerne plus généralement les systèmes informatiques de l’armée… qui peuvent eux aussi faire l’objet de piratages."

À terme, 13 500 personnes

Doté dans un premier temps de 260 hommes, ce cyber-commando est appelé à être renforcé dans les prochains mois et prochaines années. Il comptera à terme 13 500 personnes, parmi lesquels un grand nombre d’experts en sécurité informatique. Des effectifs comparables à ceux de la Marine.