VIDÉO. Brexit au 31 janvier 2020 : "Toutes les options sont possibles. (...) Il faut que les Britanniques disent ce qu'ils veulent", estime Michel Barnier

Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit, était invité sur France Inter alors que le feuilleton de l'éventuelle sortie de la Grande-Bretagne de l'Union est maintenant soumis aux élections générales anticipées le 12 décembre prochain au Royaume-Uni.

FRANCE INTER

Interrogé vendredi 15 novembre sur France Inter, sur le fait que le Brexit se fasse bien au 31 janvier 2020, Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit, a estimé que "toutes les options sont possibles" mais que "maintenant il faut qu'on en sorte".

Cela fait trois ans que les Britanniques ont voté pour leur sortie de l'Union européenne. Il faut que les Britanniques disent ce qu'ils veulent.

Michel Barnier

à France Inter

"Il y aura une certitude le jour où les électeurs britanniques, qui sont appelés à voter le 12 décembre, (...) auront choisi une majorité pour approuver l'accord sur le divorce que le Royaume-Uni lui-même a demandé. Nous ne sommes pas demandeurs de ce divorce, nous n’avons jamais été demandeurs, nous le regrettons", a-t-il ajouté.

"Le Brexit ce n'est pas une destination mais une étape"

"Ce n'est pas la fin de l'histoire" a poursuivi Michel Barnier, "le Brexit ce n'est pas une destination mais une étape, il faut tout reconstruire ensuite" à condition que "le Royaume-Uni assume le choix qu'il a fait de quitter l'Union européenne mais aussi le marché unique et l'union douanière". "Ce qui a, note Michel Barnier, des conséquences innombrables pour 4,5 millions de citoyens : 3,5 millions d'Européens qui vivent au Royaume-Uni et 1,5 million de Britanniques qui vivent en Europe."

Ce Brexit représente aussi un risque, selon Michel Barnier, en charge de piloter le chantier de reconstruction des règles qui ont été défaites par le Brexit et ce, dans tous les domaines. "Ce pays, indique-t-il, n'est pas un pays tiers comme tous les autres, il est à côté de nous et totalement lié à notre économie parce que nous sommes dans le même marché depuis 44 ans.

Il faut faire attention à ce que la divergence règlementaire que les Britanniques veulent gagner avec le Brexit, que cette divergence ne devienne pas un outil de dumping contre nous. Il y a un risque de dumping fiscal, social, contre le droit des consommateurs, des travailleurs et de l'environnement.

Michel Barnier

à France Inter

"Nous sommes ouvert à un accord de libre-échange zéro tarif, zéro quota, comme nous l'avons fait avec le Canada ou le Japon mais ce sera aussi : zéro dumping", ajoute Michel Barnier. 

Le feuilleton du Brexit est maintenant soumis aux élections générales anticipées le 12 décembre prochain au Royaume-Uni. Il aurait dû quitter l'Union européenne à la fin mars 2019. Mais en l'absence de majorité à la Chambre des communes pour l'accord de retrait négocié avec l'UE, le Brexit a déjà été reporté trois fois. La nouvelle date du divorce est maintenant prévue le 31 janvier 2020.

Michel Barnier, sur France Inter, le 15 novembre 2019.
Michel Barnier, sur France Inter, le 15 novembre 2019. (FRANCE INTER)