"Un nouveau scrutin créerait encore plus de problèmes" : l'hypothèse d'un retour aux urnes sur le Brexit n'emballe pas les Britanniques

La sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne est toujours floue alors qu'elle devrait être effective, en théorie, en fin de semaine. 

Pro et anti Brexit ont manifesté le 13 mars 2019 à Londres. 
Pro et anti Brexit ont manifesté le 13 mars 2019 à Londres.  (ISABEL INFANTES / AFP)

Et s'ils revotaient ? Alors qu'aucun accord n'a été trouvé au Parlement britannique, Theresa May va tenter d'obtenir de la part des Européens un report supplémentaire, mercredi 10 avril, pour mettre en œuvre le Brexit. En attendant, au Royaume-Uni, les électeurs s'orientent de plus en plus ouvertement vers une nouvelle consultation nationale. Un retour aux urnes pour s'exprimer sur l'accord de sortie de l'Union ou pour entériner un possible accord inter-partis.

Un nouveau vote n'enchante pas tout le monde

Pour certains, comme Martin, 60 ans, consulter les Britanniques est une évidence politique. "Si le Parlement n'arrive pas à régler ça, il faut repasser devant le peuple : c'est simple !", s'exclame-t-il. Quelle que soit la nature d'une future consultation nationale, elle s'apparentera à un nouveau référendum pro ou anti Brexit, remarquent Anne et Amelia. "Il faudra probablement revoter et en même temps, ceux qui ont déjà voté pour un Brexit se sentiront évidement floués et très en colère, s'ils perdent". Selon Daniel, un anti-Brexit convaincu, une nouvelle consultation ne ferait qu'aggraver la polarisation politique du pays. "Un nouveau scrutin créerait encore plus de problèmes", affirme-t-il.

On a déjà eu un référendum et il faut en respecter le résultat, même si on ne l'aime pasDaniel, opposé au Brexità franceinfo

Ceux qui sont favorables au Brexit, comme Brian, ne veulent tout simplement pas entendre parler d'un nouveau vote. "Il y a une crise de légitimité de la classe politique. On a voté majoritairement pour quelque chose et elle n'en tient aucun compte ! Aujourd'hui, une sortie de l'UE sans accord serait finalement la meilleure option", conclut ce Britannique. Ce "Brexit dur" pourrait arriver dès vendredi 12 avril si Theresa May n'obtient pas ce mercredi un délai supplémentaire, de la part des Européens, jusqu'au 30 juin.

Le reportage d'Eric Biegala
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