Brexit : le président du Conseil européen plaide pour un report allant jusqu'à un an "maximum"

A Berlin puis à Paris, la Première ministre britannique a plaidé mardi pour obtenir de ses partenaires européens un nouveau report du Brexit, lors d'un sommet extraordinaire de l'UE mercredi à Bruxelles. Donald Tusk s'est déjà montré ouvert à cette requête.

Un manifestant marche près de la Chambre du Parlement, à Londres (Royaume-Uni), le 18 mais 2019.
Un manifestant marche près de la Chambre du Parlement, à Londres (Royaume-Uni), le 18 mais 2019. (NIKLAS HALLE'N / AFP)

Le président du Conseil européen Donald Tusk plaide pour un report du Brexit pouvant aller jusqu'à un an "maximum", dans une lettre aux 27 Etats membres qui discuteront du sujet mercredi 10 avril à Bruxelles avec la Première ministre britannique Theresa May. La Première ministre britannique a demandé un report jusqu'au 30 juin pour tenter de surmonter la crise politique au Royaume-Uni.

Mais, explique Donald Tusk dans cette lettre envoyée mardi, "notre expérience jusqu'à présent, ainsi que les profondes divisions au sein de la Chambre des communes, nous donnent peu de raisons de croire que le processus de ratification pourra être achevé d'ici à la fin juin."  Et, argumente-t-il, "si nous ne parvenions pas à nous mettre d'accord sur une prochaine prolongation du délai, il y aurait un risque d'un Brexit sans accord accidentel." "C'est pourquoi je pense que nous devrions également discuter d'une extension alternative et plus longue", ajoute le dirigeant européen.

"Une possibilité serait une prolongation flexible, qui ne durerait que le temps nécessaire et pas plus d'un an, car au-delà de cette date, nous devrons décider à l'unanimité de certains projets européens clés", poursuit-il, dans une allusion à l'élaboration du budget de l'UE pour la période 2021-2027. Selon le président du Conseil européen, instance représentant les Etats membres, "cette flexibilité permettrait de mettre fin automatiquement à la prolongation dès que les deux parties auront ratifié l'accord de retrait."

Macron sur une position plus intransigeante que Merkel 

"Le Royaume-Uni serait libre de partir dès qu'il sera prêt. Et les 27 éviteraient les sommets Brexit à répétition", écrit-il encore, jugeant nécessaire d'"éliminer la menace d'un changement constant des dates-butoirs".

Mardi, Theresa May s'est rendue à Berlin puis à Paris pour obtenir le soutien de ses partenaires européens sur cette nouvelle demande de report, à la veille de la formuler au sommet extraordinaire de l'UE. "Un report du Brexit de plusieurs mois est possible, jusque début 2020", a estimé la chancelière allemande Angela Merkel après sa discussion avec Theresa May à Berlin.

De son côté, le président français Emmanuel Macron, qui a reçu Theresa May mardi en fin de journée à Paris pour défendre une position plus intransigeante que celle d'Angela Merkel. Selon l'Elysée, un nouveau délai d'un an "paraît trop long". Paris "n'est pas fermé à construire une autre solution" que celle du "no deal", mais "avec certaines limites et pas à tout prix", a ajouté la présidence française. 

Sommet crucial

Initialement prévu le 29 mars, le Brexit a déjà été repoussé au vendredi 12 avril. Mais faute d'avoir pu faire adopter par les députés britanniques l'accord de divorce qu'elle a négocié avec Bruxelles, Theresa May veut réclamer un second ajournement du Brexit, jusqu'au 30 juin.

La réponse est attendue mercredi lors d'un sommet européen crucial où Theresa May exposera son plan aux 27, qui devront donner leur aval unanime à tout report. L'enjeu est d'éviter vendredi une sortie brutale du Royaume-Uni, un "no deal" aux conséquences économiques potentiellement dévastatrices.