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Les Irlandais votent pour les législatives, le Premier ministre sortant en sursis

Selon un sondage publié en début de semaine, le parti du Premier ministre arriverait en troisième position, avec 20% des intentions de vote.

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Des piétons passent devant une affiche électorale taguée représentant le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, vendredi 7 février 2020 à Dublin. (BEN STANSALL / AFP)

Restera-t-il à la tête du pays ? Au pouvoir depuis près de trois ans, le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, joue son avenir politique lors d'élections législatives qui s'annoncent difficiles pour son parti, samedi 8 février. 

Les 3,3 millions d'électeurs ont jusqu'à 22 heures (23 heures en France) pour voter, à l'issue d'une campagne dominée par des sujets comme le logement, la santé ou, évidemment, le Brexit. Un sondage de sortie des urnes sera alors publié, mais le comptage officiel ne doit débuter que dimanche matin.

Le Brexit au cœur de la campagne

Une semaine après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, l'Irlande et ses 4,9 millions d'habitants se trouvent en première ligne. Le pays est le seul de l'Union européenne à partager une frontière terrestre avec le voisin britannique, et les liens économiques entre les deux pays sont étroits.

Des discussions commerciales avec l'UE approchent, aux conséquences considérables pour les échanges sur l'île d'Irlande. Et Leo Varadkar a mis en avant son rôle dans la mise au point d'une solution évitant le retour à une frontière physique entre les deux Irlande dans l'accord de Brexit.

Mais pour de nombreux observateurs, miser sur cette image lors de la campagne électorale était "un mauvais calcul" pour le Premier ministre. "Le problème pour la plupart des gens, c'est le temps qu'ils passent dans les transports pour aller travailler, qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter leur logement et qu'ils ont à peine les moyens de payer le loyer", estime Eoin O'Malley, professeur à la Dublin City University.

Un parti nationaliste de gauche au cœur des attentions

Selon un sondage publié en début de semaine, le parti du Premier ministre, le Fine Gael, arriverait en troisième position, avec 20% des intentions de vote. Il serait devancé par son grand rival, le Fianna Fail, également de centre droit. Depuis l'indépendance il y a un siècle, le paysage politique irlandais est dominé par ces deux partis, qui gouvernent le pays alternativement ou en coalition comme actuellement.

La surprise est venue du Sinn Fein, l'ancienne vitrine politique de l'armée républicaine irlandaise (IRA), donné en tête par cette étude, avec 25% des suffrages. Sa présidente, Mary Lou McDonald, veut un référendum sur l'unification de l'Irlande avec la province britannique du nord dans les cinq ans. Et ses propositions pour bâtir des logements, un des thèmes majeurs de la campagne, trouvent un écho particulier auprès d'un électorat jeune et urbain.

Mais dans les faits, les chances de la voir accéder au pouvoir à l'issue de ces élections sont extrêmement faibles. Son parti nationaliste de gauche ne présente que 42 candidats pour 160 sièges de députés à la chambre basse du Parlement irlandais, le Dail Eireann. De plus, Fine Gael comme Fianna Fail excluent toute alliance avec un parti au passé sulfureux, vu ses liens avec l'IRA, organisation paramilitaire opposée à la présence britannique en Irlande du Nord.

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