Des anti-Brexit attaquent en justice la décision de Boris Johnson de suspendre le Parlement britannique

Des recours ont été déposés, jeudi, devant des tribunaux anglais et écossais.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, lors d\'une conférence de presse à Berlin (Allemagne), le 21 août 2019.
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, lors d'une conférence de presse à Berlin (Allemagne), le 21 août 2019. (ABDULHAMID HOSBAS / ANADOLU AGENCY / AFp)

Les opposants à un Brexit dur s'engagent dans une bataille judiciaire, jeudi 29 août, pour tenter d'empêcher Boris Johnson de suspendre le Parlement jusqu'à deux semaines avant la date de sortie de l'UE. Le Premier ministre va suspendre les travaux des élus à partir de mi-septembre et jusqu'au 14 octobre, disant vouloir présenter une nouvelle politique "ambitieuse" pour le Royaume-Uni.

La nouvelle a provoqué une vague d'indignation dans le pays. L'opposition voit dans cette décision une manœuvre pour empêcher les députés de bloquer un Brexit sans accord, que le gouvernement s'est dit prêt à mettre en œuvre s'il ne trouve pas de compromis avec Bruxelles sur les conditions de la sortie de l'UE le 31 octobre.

La Haute Cour de justice saisie

"Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire moderne où la suspension a été utilisée de cette façon", a dénoncé Gina Miller, une femme d'affaires et militante anti-Brexit qui a engagé un recours devant la justice. La Britannique, citée par le Guardian (en anglais), a affirmé que la suspension est une "tentative éhontée (...) d'empêcher l'exécutif de rendre des comptes sur sa conduite devant le Parlement". 

Elle a demandé à la Haute Cour de justice du Royaume-Uni de se saisir de son recours "avant le 9 septembre", date à laquelle pourrait débuter la suspension au plus tôt. Gina Miller avait déjà gagné en 2017 une bataille juridique pour forcer le gouvernement, alors dirigé par Theresa May, à consulter le Parlement sur le processus de retrait de l'Union européenne.

Un groupe d'environ 75 parlementaires pro-UE a par ailleurs demandé, mercredi, à la plus haute instance civile d'Ecosse de se prononcer en urgence sur la légalité et la constitutionnalité de la suspension du Parlement. Un juge a fixé une audience au 6 septembre, laissant 10 jours à chaque camp pour préparer ses arguments juridiques, précise le Guardian (en anglais).