Brexit : la fin du programme Erasmus "est assez violent" et "prive le Royaume-Uni de talents", selon la directrice de l'Agence Erasmus+ France

Parmi les conséquences de l'accord post-Brexit conclu entre la France et le Royaume-Uni, il y a l'abandon d'Erasmus. Boris Johnson l'a confirmé, après 33 ans de coopération le pays quitte le programme européen. Une mauvaise nouvelle pour la directrice de l'Agence Erasmus+ France qui juge cette décision "violente".

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Radio France
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Le programme Erasmus existe depuis 1987 (illustration). (MAXPPP)

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a abandonné le programme européen d'échanges pour les étudiants Erasmus dans le cadre de son accord post-Brexit conclu jeudi 24 décembre avec l'Union européenne, invoquant des questions de coûts et annonçant un programme mondial pour le remplacer. Le Royaume-Uni y participait depuis 1987. "C'est la fin de 33 ans de coopération. C'est assez violent", a réagi vendredi 25 décembre sur franceinfo Laure Coudret-Laut, la directrice de l'Agence Erasmus+ France. Selon elle, cela va "réduire la possibilité pour des jeunes d'aller faire des études au Royaume-Uni" qui se "prive de talents".

franceinfo : La fin du programme Erasmus est une déception pour vous ?

Laure Coudret-LautC'est la fin de 33 ans de coopération. C'est assez violent. C'est une déception pour tous les établissements qui ont créé des liens formidables avec le Royaume-Uni depuis autant de temps, et aussi pour les jeunes, les étudiants, les apprentis, les adultes. C'était aussi des possibilités de stages offerts au Royaume-Uni. On s'y attendait, on s'y était préparé. On a vu progressivement se redéployer les mobilités à travers l'Europe et le Royaume-Uni dégringolé dans les pays de destination.

Que va-t-il se passer à présent pour les étudiants qui sont actuellement en échange Erasmus ?

Le flux a beaucoup baissé et le Covid-19 a réduit drastiquement ces échanges. L'accord sur l'ancien programme 2014-2020 se poursuit. Il n'y aura pas de difficulté pour les étudiants qui sont déjà dans ces échanges, ni pour les coopérations de partenariats dans le cadre Erasmus+. Par contre sur le programme 2021-2027, c'est un cavalier seul du Royaume-Uni qui est annoncé.

A présent, s'inscrire dans une université britannique sera plus cher, plus compliqué ?

Bien sûr, le principe de la charte Erasmus est que tous les établissements qui adhèrent à cette charte acceptent que l'étudiant paye ses frais dans son pays de départ. Donc c'est un frein supplémentaire. Le coût des universités britanniques est très élevé. Cela va réduire la possibilité pour des jeunes pas forcément fortunés d'aller faire des études au Royaume-Uni. Et le Royaume-Uni se prive de talents.

Pour justifier le retrait du Royaume-Uni du programme Erasmus, Boris Johnson évoque la question du coût pour son pays. Vous comprenez cet argument ?

Non très peu. Je suis surprise de cet argument du coût, surtout quand on a la prétention de mettre en place un programme mondial à l'échelon d'un seul pays. Le principe d'Erasmus+, c'est qu'il y a des contributions des Etats membres mais tout le monde en bénéficie aussi. Quand on a un programme qui s'établissait pour la période 2014-2020 autour de 14 milliards d'euros pour les sept ans, chaque pays bénéficiait d'un retour de ce financement pour mettre en place les mobilités de ces étudiants.

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