Brexit : "La fermeté et l'unité des Européens ont payé", estime l'eurodéputée Nathalie Loiseau

Quatre ans après le vote des Britanniques en faveur du Brexit et après des mois de négociations, l'Union européenne et le Royaume-Uni sont parvenus à un accord ce jeudi 24 décembre. Pour l'eurodéputée Nathalie Loiseau, "il était temps".

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Nathalie Loiseau, députée européenne LREM. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"La fermeté et l'unité des Européens ont payé", a affirmé jeudi 24 décembre sur franceinfo Nathalie Loiseau, eurodéputée Renaissance, groupe de la majorité présidentielle, chargée de suivre les négociations au Parlement européen, et ancienne ministre des Affaires européennes. Une déclaration qui intervient après l'accord commercial sur le Brexit conclu entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Après avoir demandé "beaucoup", Boris Johnson a, "en dernière ligne droite, fait des concessions substantielles", souligne Nathalie Loiseau. Elle tient également à faire remarquer que, depuis quatre ans, "les 27 Etats membres de l'Union européenne sont restés particulièrement unis".

franceinfo : C'est une bonne nouvelle cet accord enfin trouvé ?

Nathalie Loiseau : Il était temps. Je me mets à la place des entreprises européennes et des pêcheurs européens qui, jusqu'à aujourd'hui, ne savaient pas ce qui allait se passer le 1er janvier, dans une semaine. Donc il était largement temps qu'un accord soit trouvé. Je ne dirais pas c'est une bonne nouvelle parce que l'avenir sera moins facile que la situation présente ou le passé, dans la relation avec le Royaume-Uni. Mais la fermeté et l'unité des Européens ont payé.

Qu'est ce qui coinçait pour vous ? C'est un problème d'attitude des négociateurs britanniques ?

Boris Johnson a voulu qu'un accord sans précédent puisse être négocié en neuf mois, là ou avec le Japon, par exemple, il avait fallu cinq ans de négociations. Il n'a pas voulu prolonger la période de transition. Il a fallu passer de l'idéologie des Brexiteurs au réalisme, au pragmatisme des besoins des citoyens, des entreprises de part et d'autre de la Manche. De notre côté, ça a toujours été la priorité. Du côté britannique, il faut avouer que cela a pris du temps.

L'Union européenne renonce à 25% de sa valeur de pêche dans les eaux britanniques, avec une transition de cinq ans et demi. C'était le prix à payer pour trouver cet accord ?

C'est effectivement le prix à payer. Les Britanniques demandaient beaucoup plus. Ils demandaient que l'Union européenne renonce à 80% de la valeur de la pêche dans les eaux britanniques. C'était inacceptable. C'est la proposition faite par Michel Barnier qui l'a emportée. On peut donc dire que Boris Johnson a, en dernière ligne droite, fait des concessions substantielles.

Boris Johnson assure à l'Union européenne : "Nous serons vos amis, vos alliés, votre premier marché." C'est une nouvelle relation qui s'ouvre entre l'Union européenne et le Royaume-Uni ?

C'est une nouvelle relation. Elle est indispensable parce que c'est un partenaire sans équivalent. Elle est existentielle pour le Royaume-Uni, pour qui l'Union européenne est évidemment le premier débouché. On vient d'ailleurs de le voir ces derniers jours et ces dernières heures lorsque, pour d'excellentes raisons sanitaires, il a fallu fermer la frontière avec le Royaume-Uni. La situation était très compliquée à Douvres. Aujourd'hui, il n'y a pas de pays qui puisse espérer faire face seul, ni à la pandémie, ni au changement climatique, ni au terrorisme, ni à la plupart des menaces qui ignorent les frontières. Il fallait évidemment un accord de partenariat avec le Royaume-Uni.

Est-ce que la France, en particulier, a de quoi se féliciter après la conclusion de cet accord ?

Vous ne m'entendrez pas me féliciter. Il s'agissait de limiter les dégâts de deux très mauvaises décisions. La première, nous la respectons, puisque c'était celle du peuple britannique de quitter l'Union européenne à un moment où on n'a jamais autant besoin de coopération. La deuxième, c'était le choix de Boris Johnson d'un hard-Brexit : sortie du marché unique, sortie de l'Union douanière. A partir de là, l'enjeu, c'était véritablement de limiter la casse. La fermeté européenne a payé et la France est à la manœuvre pour que l'Union européenne s'affirme, soit ferme, sache défendre ses intérêts, ceux de ses citoyens et de ses entreprises. Donc, de ce point de vue-là, chapeau bas à la détermination et à la constance de Michel Barnier et chapeau bas à l'unité des Européens. Très souvent, on a entendu que les Européens étaient divisés. Depuis quatre ans, depuis le référendum de 2016, les 27 Etats membres de l'Union européenne sont restés particulièrement unis, pas contre le Royaume-Uni, mais pour défendre les Européens.

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