Brexit : "L'Europe a fait tout ce qu'elle pouvait, maintenant c'est un sujet de politique intérieure", estime Fabienne Keller

L'eurodéputée était l'invitée de franceinfo samedi avant le vote au Parlement britannique. 

Fabienne Keller en février 2019. 
Fabienne Keller en février 2019.  (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Les députés britanniques votent samedi 19 octobre sur l'accord trouvé par Londres et Bruxelles sur le Brexit. Boris Johnson doit obtenir 319 voix en plus de la sienne pour le faire valider et assurer une sortie de l'Union européenne. Emmanuel Macron a insisté sur le respect de la date du 31 octobre pour le Brexit. "L'Europe a fait tout ce qu'elle pouvait. L'Union européenne est allée très loin", a expliqué samedi sur franceinfo Fabienne Keller, eurodéputée, vice-présidente du parti Agir-la droite constructive.

franceinfo : Le Brexit doit-il obligatoirement avoir lieu le 31 octobre ?

Fabienne Keller : Il faut que cette date soit respectée. Le président français rappelle simplement une contrainte que tout le monde connaît. On a repoussé cette date plusieurs fois sans qu'il y ait vraiment d'éléments nouveaux. Donc, s'il n'y a pas d'accord cette fois-ci on ne voit pas pourquoi repousser la date créerait des circonstances plus favorables. Depuis quelques jours on voit cet accord s'esquisser. La décision de partir est une décision du peuple britannique, donc le Parlement doit la valider aujourd'hui et ça c'est le fait le plus incertain.

Emmanuel Macron a dit que ceux qui n'avaient pas pris Boris Johnson au sérieux avaient tort. Qu'en pensez-vous ?

Je suis tout à fait d'accord. Il est à la fois incroyablement populiste, il est à certains moments étonnant dans ses déclarations, il avait d'ailleurs dit des choses inexactes pendant la campagne du référendum notamment sur les compensations. Par contre, il semblerait là qu'il se soit avéré plutôt très fin en termes de négociations puisqu'il est arrivé à un accord vis-à-vis de l'Union européenne. Les difficultés depuis le début, celles de madame May, sont internes entre les parlementaires, et puis avec les Ecossais d'une part, qui veulent rester dans l'Union, et les unionistes de l'Irlande du Nord.

L'Union européenne est-elle allée au bout de ce qu'elle pouvait faire ?

L'Union européenne est allée très loin. Elle a toujours respecté par la voix de Michel Barnier la demande du peuple britannique de quitter l'UE. Pour tous les Européens c'est un choc, un évènement très négatif. Cela fait 45 ans que l'on vit ensemble, c'est un divorce, mais un choix souverain. L'Europe a fait tout ce qu'elle pouvait, elle a réussi à maintenir sa cohésion. Maintenant, c'est un sujet de politique intérieure.