Brexit : des changements au programme pour Erasmus

Avec l'Espagne, le Royaume-Uni est l'une des destinations favorites des étudiants français. Mais cela sera-t-il toujours le cas après le Brexit ?

Des étudiants discutent dans les couloirs du Jesus College de l\'Université de Cambridge (Angleterre), le 15 octobre 2015.
Des étudiants discutent dans les couloirs du Jesus College de l'Université de Cambridge (Angleterre), le 15 octobre 2015. (TIM GRAHAM / ROBERT HARDING HERITAGE / AFP)

Le Royaume-Uni était la destination favorite des étudiants français dans le cadre d'Erasmus en 2013, avec près de 7 000 départs, selon l'agence Erasmus+. Ce programme permet aux jeunes ressortissants de l'Union européenne de partir étudier dans une université partenaire. Mais avec le Brexit, voté par les Britanniques vendredi 24 juin, le Royaume-Uni pourrait bien perdre quelques places dans le classement.

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Si cette sortie de l'UE déstabilise l'Europe tout entière, les étudiants français s'interrogent, eux aussi, sur la possibilité d'aller étudier outre-Manche. Le Royaume-Uni va-t-il continuer d'accueillir son contingent de Français ? Francetv info fait le point sur ce qui pourrait bientôt changer.

L'obligation de demander un visa pour étudier

Pour le moment, il n'y a pas besoin de visa pour aller étudier ou même travailler au Royaume-Uni. Mais avec la sortie prochaine du pays de l'Union européenne, rien n'indique que ce sera toujours le cas. Un permis de séjour pourrait bien être instauré. Une nouvelle contrainte susceptible de dissuader les étudiants de s'installer au Royaume-Uni. "Typiquement, à Oxford et dans d’autres universités, six universitaires sur dix viennent d’Europe et s’ils doivent faire une demande de visa pour étudier au Royaume-Uni, ce serait dissuasif", a affirmé Chris Patten, ancien membre britannique de la Commission européenne, au quotidien britannique The Telegraph.

Des frais de scolarité plus élevés 

Contrairement à la France, les universités britanniques imposent des frais de scolarité pouvant s'élever jusqu'à 9 000 livres (soit 11 700 euros). Mais tant que le pays est dans l'UE, les étudiants français n'en payaient qu'une partie grâce à un barème qui différenciait les étudiants européens des autres. Mais avec le Brexit, les Français pourraient entrer dans la catégorie des étudiants internationaux et voir leurs frais de scolarité augmenter. Une perspective rédhibitoire pour nombre d'étudiants.

La fin de la reconnaissance automatique des diplômes 

Les accords universitaires entre les pays de l'Union européenne permettent la reconnaissance automatique des diplômes obtenus chez l'un des 28 pays membres. C'est d'ailleurs pour cette raison que le système d'ECTS. (European credit transfer system) a été mis en place en 1989. Une fois ces diplômes obtenus, "ils sont définitivement acquis et transférables dans tous les établissements de l’enseignement supérieur européen", mentionne le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Mais cette disposition n'est possible qu'entre les pays membres. Après le Brexit, le Royaume-Uni devra sans doute signer des accords avec les principales universités européennes pour que cette reconnaissance des diplômes perdure.

Une perte de moyens financiers pour faire de la recherche

Les universités britanniques bénéficient de nombreux programmes de financements de la recherche, comme Horizon 2020, qui vise à soutenir la recherche et l'innovation. De quoi attirer les étudiants européens qui souhaitent augmenter leurs bagages dans ce domaine. Depuis le 1er janvier 2014, le Royaume-Uni a déjà reçu 2,1 milliards d'euros, soit 15% du total des subventions allouées aux pays qui participent au programme, juste derrière l'Allemagne qui en absorbe 16,3%. Ces sources de financements ne sont donc pas négligeables et si elles venaient à disparaître, cela pourrait rendre les universités britanniques moins attractives. 

Une sortie probable du programme Erasmus

Sur le long terme, le Royaume-Uni devrait être exclu du programme Erasmus, réservé aux pays membres de l'UE. Mais la sortie effective du pays devrait prendre plusieurs mois, voire même plusieurs années. Donc rien ne devrait changer pour la rentrée 2016. Par ailleurs, il est possible que les universités britanniques négocient des accords spécifiques comme c'est le cas de la Suisse et de la Norvège.