À Ebbw Vale, la ville galloise qui avait le plus largement voté pour le Brexit, la sortie de l'Union européenne n'a rien réglé

Dans cette ville du Pays de Galles, 62% des habitants avaient voté pour quitter l’Union européenne, il y a cinq ans. Certains habitants regrettent maintenant leur choix.

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Une rue de Ebbw Vale, la ville galloise qui avait le plus largement voté en faveur du Brexit. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

Pénuries de main d’œuvre, de certains produits, de carburant, manque de chauffeurs routiers, le Royaume Uni vit une rentrée compliquée. Essentiellement à cause de la pandémie de Covid-19 mais le Brexit aggrave la situation. C'est notamment le cas à Ebbw Vale, ville galloise qui avait le plus largement voté en faveur du Brexit. Il y a 5 ans, 62% de ses habitants voulaient quitter l’Union européenne.

"Aucune industrie n’a été amenée ici"

Phillip Edwards donne rendez-vous sous une horloge. Une structure en métal avec un pied de forme courbe qui représente l’encolure d’un cheval. C’est en tout cas l’explication de l’artiste. Paradoxalement si ce conseiller municipal se trouve à cet endroit, ce n'est pas parce qu'il aime particulièrement cette œuvre. "Pas vraiment non. C’est joli, c’est une breloque mais c’est tout. Les gens me demandent l’heure, sans même voir que ce truc est une horloge", dit-il. Phillip Edwards traverse le marché qu’il connaît par cœur, il le dirige. Lui qui est né et qui a grandi dans cette ville de 18 000 habitants, dans cette vallée galloise.

Phillip Edwards dirige le marché de Ebbw Vale. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

À l’autre bout de la rue, une statue de métal, un dragon cette fois. Les deux œuvres ont été largement financées par l’Europe à l’époque. Plusieurs dizaines de milliers d’euros à chaque fois. "Aucune industrie n’a été amenée ici, aucun emploi. Que des trucs comme ça. Ça ne rapporte rien aux gens. C’est peut-être joli mais ça ne donne pas de boulot", déplore Phillip Edwards. 

Des habitants déçus

Cet ancien bastion sidérurgique affiche un taux de chômage qui avoisine les 40%. Le Brexit n’a rien réglé et ça, certains habitants s’en rendent bien compte. "J’ai voté pour quitter l’Europe. Si je devais voter à nouveau ce serait sans doute pour rester, juge l'un des habitants de la ville. Évidemment, j’ai voté en croyant les promesses : plus d’argent pour les services de santé, un meilleur contrôle de l’immigration pour plus d’emplois ici. Et maintenant, la crise des poids lourds avec les chauffeurs qui manquent. Mon avis, c’est qu’il faut dégager ce gouvernement et recommencer"

Des immigrés, il y en a toujours eu très peu ici. Des investissements européens, cette commune en a bénéficié comme aucune autre dans le pays. Des dizaines de millions d’euros pour des apprentissages, une ligne de chemin de fer, la réhabilitation d’un site industriel. Mais le Brexit l’a emporté au grand dam du boucher qui avait voté contre et qui voit les conséquences concrètes dans sa petite boutique. "Certains de nos produits viennent d’Europe alors évidemment les prix ont augmenté pour les importer. C’est pour ça que les tarifs augmentent pour mes clients. Il y a moins d’achats dans mon commerce depuis que nous sommes sortis de l’Europe", se désole-t-il. À Ebbw Vale, on avait le sentiment d’être loin, très loin de Bruxelles. Ces derniers temps, on se sent de plus en plus éloigné de Londres également.

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