L'Ukraine s'enflamme : au moins 25 morts à Kiev

Les affrontements entre forces de l'ordre et manifestants qui ont éclaté mardi à Kiev, en Ukraine, se sont poursuivis cette nuit, faisant 25 morts, des civils et des policiers, et 250 blessés selon un bilan provisoire. Mercredi matin, les unités anti-émeute ont lancé un nouvel assaut contre les opposants au président Ianoukovitch rassemblés sur la place de l'Indépendance.

Franceinfo
Franceinfo (Franceinfo)

L'Ukraine
est-elle en train de basculer ? Kiev a connu mardi sa journée la plus
sanglante
en trois mois de contestation. Des scènes de guérilla urbaine, des
bâtiments en flammes, les forces anti-émeute d'un côté, les manifestants de l'autre.
Selon un nouveau bilan encore provisoire, ce déchaînement de violences a fait 25 morts, dont quatre sur Maïdan, la
place de l'Indépendance à Kiev, où un nouvel assaut de la police a eu lieu tôt mercredi matin pour tenter de déloger les opposants. Environ 250 personnes ont égalemnt été blessées.

Fief symbolique de
la contestation, Maïdan s'est transformé en véritable champ de bataille. Les forces de l'ordre avaient déjà tenté de déloger les manifestants ces trois derniers mois mais
depuis mardi la répression est montée d'un cran. Environ 10.000 policiers, selon des estimations, sont
mobilisés dans la capitale et se heurtent à une résistance farouche des protestataires quand du côté du gouvernement, le ton se durcit. 

Le gouvernement ukrainien
met en garde

Après avoir accusé
l'opposition de "tentative de prise de pouvoir" anticonstitutionnelle, le
président ukrainien a déclaré mercredi
matin dans une adresse à la nation que certains manifestants
antigouvernementaux avaient "franchi les limites" et a promis que les
coupables seraient "jugés.

Viktor Ianoukovitch, qui a reçu dans la nuit deux
chefs de file de la contestation, Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk, a enjoint l'opposition soit à "prendre ses distances avec les radicaux" soit à "reconnaître qu'elle les soutient". "Dans ce cas-là on leur parlera différemment", a-t-il ajouté.

Dans la ville, qui s'est réveillée dans une atmosphère d'état d'urgence, l'anxiété est palpable partout. Le métro a
été arrêté et ne fonctionnera pas tant que tous les troubles ne seront pas
terminés. Les principales routes de la ville sont bloquées par la police, des dizaines
de rues privées d'éclairage public et des bandes d'agitateurs sèment la terreur, rapporte le correspondant de RFI sur place, Sébastien Gobert.

Dans le pays, plusieurs villes de l'Ouest
se sont également ouvertement soulevées mardi contre le pouvoir. A Lviv,
bastion nationaliste près de la frontière polonaise, des opposants ont pris d'assaut
cette nuit le siège de la police et des services spéciaux et se sont emparés
d'armes dans une unité militaire.