L'Eglise anglicane d'Angleterre aura des évêques femmes

Après un vote négatif en 2012, l’Église d'Angleterre s'est finalement prononcée en faveur de l'ordination de femme évêques, comme c'est déjà le cas dans plusieurs autres églises de confession anglicane.

(Deux membres du clergé durant le synode général de York © REUTERS / Nigel Roddis)

Le synode général, organisme exécutif de l'Eglise d'Angleterre, réuni à York, a finalement réussi à trancher en faveur d'une réforme qui le divise depuis plusieurs décénies : les femmes, qui pouvaient déjà devenir prêtres, pourront maintenant accéder à la charge d'évêque.

S'il s'agit d'une réforme historique pour l'Eglise d'Angleterre, l'Eglise Anglicane compte déjà plus de vingt femmes évêques en activité ailleurs dans le monde, aux Etats-Unis, en Australie ou encore au Canada.

En Angleterre, une première tentative pour les laisser accéder à cette charge, en 2012, s'était soldée par un échec, à six voix près. La majorité des deux tiers, nécessaires à la validation de la proposition, n'avait alors pas été atteinte dans l'un des trois collèges chargés de se prononcer, celui des laïcs.

"Un grand jour pour l'Eglise"

Justin Welby, archévêque de Cantorbéry, chef de l'Eglise d'Angleterre et de la Communion anglicane, qui compte près de 80 millions de fidèles dans le monde, s'est dit "ravi " de l'issue du vote : "Nous terminons aujourd'hui un travail commencé il y a vingt ans avec l'ordination des femmes prêtres ". Jody Stowell est l'une de ces femmes prêtres, elle officie dans le nord de Londres.

Les politiques se sont immédiatement réjoui du vote du synode sur Twitter. Nick Clegg, des Libéraux démocrates, a salué "un grand moment pour l'Eglise d'Angleterre ", tandis que Ed Miliband, leader du Parti travailliste a évoqué "d'excellentes nouvelles de York ". Pour le premier ministre David Cameron, qui avait déjà soutenu la réforme,  il s'agit d'"un grand jour pour l'Eglise et pour l'égalité ".

Une première ordination dès 2015

L'échec du vote de 2012 avait ravivé de profondes divisions au sein de l'Eglise d'Angleterre, dont on avait critiqué le caractère rétrograde par rapport aux autres Eglises Anglicanes qui autorisaient déjà les femmes à devenir évêques. Et si le résultat de ce nouveau vote a été reçu très chaleureusement, certains groupes traditionalistes s'inquiètent toujours de voir des femmes diriger des cérémonies et des paroisses, notamment les anglo-catholiques, des anglicans proches du Vatican. Afin que la réforme fasse consensus, un aménagement a été fait pour que les paroisses traditionalistes puissent demander à être dirigées par un homme.

Avant d'être applicable, la réforme doit encore être acceptée par le Parlement, puis par la reine Elizabeth, gouverneur suprême de l'Eglise d'Angleterre. Un nouveau synode général sera réuni en novembre pour la valider définitivement. La première femme évêque pourrait ensuite être nommée avant la fin de l'année, en vue d'une ordination en 2015.