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Immigration : la Suisse au bord de la rupture avec l'UE

Le petit "oui" des électeurs suisses, ce dimanche, à une limitation de l'immigration, y compris européenne, risque de remettre en cause toute une série d'accords entre Berne et l'Union européenne. Les Suisses pourraient être privés de l'accès au marché européen.
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Radio France
Publié Mis à jour
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 (Thomas Hodel Reuters)

"C'est une mauvaise nouvelle à mon
avis à la fois pour l'Europe et pour les Suisses, parce que la
Suisse refermée sur elle-même, ça va les pénaliser. La Suisse toute seule ne représente pas une puissance économique
considérable"
 , a réagi lundi matin Laurent Fabius sur RTL.

"Il faut être clair
: la liberté de circuler des citoyens européens ne peut être bradée
", a affirmé Jean Asselborn, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. Et il insiste : "Je ne vais pas jusqu'à dire que Schengen va tomber, que toutes les relations avec le marché intérieur (européen) vont tomber. Mais le risque existe" .

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Car si aucune décision ne sera prise par Bruxelles tant que la Suisse n'aura pas concrétisé ce vote en actes
juridiques, ce référendum "contre l'immigration de masse " aura des conséquences économiques si son résultat est mis en œuvre.
Et la Suisse pourrait bien perdre - à terme - l'accès au marché européen. Et non par des mesures de rétorsion mais par la simple application des traités. Car les sept accords bilatéraux de 1999, sur la libre circulation des
personnes, le transport, le commerce ou encore l'agriculture, font partie
d'un seul paquet. Et ils sont liés par ce qu'on appelle une clause guillotine, si un tombe,
tous les autres deviennent caducs.

Les frontaliers, en première ligne

Autre problème : la situation des frontaliers. Thierry Repentin, ministre français aux Affaires européennes, a tenu lundi à "rassurer les frontaliers qui  peuvent
s'inquiéter de savoir s'il va y avoir des implications immédiates
". La France compte quelque 150.000
travailleurs frontaliers franco-suisses, selon le
Syndicat national des frontaliers de France.

Michel Charrat, le président du Groupement transfrontalier européen, estime que le nouveau dispositif pourrait entraîner un retour du travail au noir.

 

"Le peuple est souverain. Le système est sain qui n'oblige pas la population à suivre des autorités politiques qui auraient des compétences démesurées ", a assuré Didier Burkhalter qui assure la présidence tournante de la Confédération.

Et il a annoncé une tournée des capitales européennes pour expliquer ce vote. Première étape Berlin, l'Allemagne étant le principal partenaire économique de la Suisse.

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