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Européennes : le FN en tête, "tremblement de terre" ou "choc à l'échelle du monde"

REACTIONS | L'expression est utilisée dimanche soir par Jean-Marie Le Pen, qui voit dans les résultats de ces européennes l'occasion de demander la démission du Premier ministre et la dissolution de l'Assemblée nationale. Plus classiquement, les autres formations politiques parlent de "colère du peuple", de "signal pour les républicains".
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Radio France
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  (Au siège du Front national, ce soir © REUTERS/Christian Hartmann)

Un tiers du contingent français, un tiers des 74 eurodéputés français sera issu des rangs du Front national. C'est le principal enseignement des élections européennes - vu de l'Hexagone. Le FN est ce dimanche soir le premier parti de France. Du coup, ses dirigeants se sentent pousser des ailes. La présidente du mouvement, Marine Le Pen, demande formellement que "l'Assemblée nationale devienne nationale, représentative du peuple" .

Son père, président d'honneur, dit encore plus clairement les choses : il demande la démission du Premier ministre Manuel Valls, la dissolution de l'actuelle Assemblée, et le passage au scrutin à la proportionnelle - qui lui assurerait bien plus de députés... Jean-Marie Le Pen parle de "tremblement de terre" , et de la "débâcle de l'UMPS". 

Une "gigantesque colère du peuple français"

Commissaire européen sortant, Michel Barnier s'est dit très en colère. "Je suis très en colère parce que nous sommes incapables d'avoir un rapport normal avec la question européenne, d'avoir un débat normal. On ne parle de l'Europe tous les cinq ans, et encore mal et si peu, trois petites semaines. Entre temps ce sont soit le silence, des mensonges ou de la démagogie et cela se cristallise le jour du vote." 

En face justement, quelle analyse fait-on de la débâcle ? Jean-François Copé, le président de l'UMP, veut voir dans ce vote le signe d'une "gigantesque colère du peuple français" . Plus offensif , il note la corrélation "entre le fait que, quand la gauche est au pouvoir, le FN fait des scores très élevés" . Reste que la défaite à l'UMP risque de faire des vagues un petit moment. "L'UMP va avoir besoin d'une profonde reconstruction", note le vice-président du parti, Laurent Wauquiez. Et François Fillon, lui, estime que l'honneur de l'UMP "est mis en cause" .

Hervé Morin, le président du conseil national de l'UDI, balaie d'abord devant sa porte. "Nous sommes coresponsables de la situation. Le PS et François Hollande ont une large part depuis deux ans de par la politique absurde qui a été menée, mais nous, quand nous avons été au pouvoir, nous avons évité les questions plutôt que de les aborder comme on l'avait annoncé pendant les campagnes électorales". Puis il demande carrément la démission de François Hollande. 

 

 

 

 

 

 

A gauche, c'est également la consternation. Manuel Valls, le Premier ministre, constate "un choc, un séisme" , et le "score médiocre des partis de gouvernement" , et en "appelle à un véritable sursaut républicain" . "Un choc à l'échelle du monde" , n'hésite pas à dire la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, pour qui "l'Europe doit se réformer rapidement, c'est-à-dire se rapprocher des citoyens" .

"Le rêve européen est menacé" , enchaîne la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les-Verts, Emmanuelle Cosse. "Ce qui s'est passé aux municipales n'a pas été entendu et aujourd'hui, il se manifeste quelque chose de très fort, comme un malaise, une incompréhension" . Et Jean-Luc Mélenchon, le co-président du Parti de Gauche, se dit "très triste pour [sa] patrie ce soir" .

 

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