Allemagne : un maire menacé par des néonazis démissionne

L'édile de la ville de Tröglitz, située dans l'est du pays, se sentait menacé par des néonazis depuis qu'il avait accepté un centre d'accueil de réfugiés

Markus Nierth, à Tröglitz (Allemagne), le 9 mars 2015.
Markus Nierth, à Tröglitz (Allemagne), le 9 mars 2015. (JAN WOITAS / DPA / AFP)

Pourquoi Markus Nierth a-t-il démissionné ? Le maire de Tröglitz, petite ville de l'est de l'Allemagne, a-t-il cédé aux menaces de néonazis en quittant son poste samedi 7 mars ou a-t-il voulu envoyer un signal ?

L'affaire débute quand Markus Nierth, 46 ans, père de sept enfants, et élu sans étiquette, accepte d'accueillir une quarantaine de réfugiés dans un bâtiment inoccupé du village. Inacceptable pour le parti néonazi NPD. Des manifestations sont alors organisées et le maire se sent menacé, relate le New York Times, mercredi 11 mars.

"Je me suis senti délaissé"

Il affirme notamment être pris pour cible sur les réseaux sociaux. Mais, surtout, une marche est annoncée juste devant chez lui. Et quand il apprend que les autorités n'entendent pas l'interdire, c'en est trop. Le jour de sa démission, il s'explique : "Devais-je m'attendre à ce que mes enfants, qui ont déjà dû supporter beaucoup dernièrement, voient par la fenêtre la police armée et entendent des chants haineux et racistes ?"

Il soutient ne pas avoir démissionné par peur. Non, "je me suis senti délaissé par les partis politiques". De plus, "j'avais besoin d'être légalement protégé. Si j'avais bénéficié de cette sécurité, je n'aurais pas démissionné. En tant que petit maire, je suis devenu une victime".

"Il faut tirer tous les signaux d'alarme"

Son geste a suscité un débat en Allemagne. "Je comprends l'inquiétude qu'éprouve Markus Nierth pour lui et sa famille", a notamment déclaré la secrétaire générale du parti social-démocrate SPD, Yasmin Fahimi. Mais "il n'est pas acceptable que quelqu'un soit contraint de démissionner parce qu'il s'engage en faveur des minorités et trouve des néonazis sur son chemin".

L'un des responsables des Verts allemands, Cem Özdemir, a, lui aussi, regretté que l'édile en soit arrivé là. "Quand dans notre démocratie et notre Etat de droit, un maire élu ne se sent plus protégé face à la plèbe brune, il faut tirer tous les signaux d'alarme".

Selon le New York Times, la marche doit avoir lieu dimanche, malgré la démission du maire.