VIDEO. "Des gens avaient intérêt à la réduire au silence" : comment une journaliste anti-corruption a été tuée dans un pays de l'UE

Le 16 octobre 2017, Daphne Caruana Galizia, la plus célèbre journaliste d'investigation de Malte, mourait dans l'explosion de sa voiture. Le Projet Daphne, qui réunit 45 journalistes de 18 médias différents, veut poursuivre les travaux qu'elle n'a pas pu finir.

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"Elle était infatigable, intrépide, décrit Caroline Muscat, journaliste dans un média maltais. Elle était très audacieuse dans son travail. Elle était autant aimée que détestée. Il y a des gens qui avaient intérêt à la réduire au silence." "Elle", c'était sa consœur Daphne Caruana Galizia, la plus célèbre journaliste d'investigation de Malte. Son travail sans relâche sur la corruption avait fait de son blog l’un des médias les plus suivis du pays. Jusqu'au 16 octobre 2017, jour où Daphne Caruana Galizia est morte assassinée dans un attentat à la voiture piégée près de chez elle.

45 journalistes réunis autour du "Projet Daphne"

Depuis, trois hommes ont été arrêtés et inculpés de meurtre, mais l’identité d'éventuels commanditaires de l’assassinat reste un mystère. Alors réunis au sein du "Projet Daphne", 45 journalistes de 18 organisations de presse, dont Radio France et France 2, ont décidé d'enquêter sur les circonstances du meurtre de Daphne Caruana Galizia et de poursuivre son travail sur la corruption et le blanchiment d’argent. 

Le Projet Daphne est coordonné par Forbidden Stories, un réseau international de journalistes qui a pour but de continuer les travaux de journalistes emprisonnés ou assassinés.

Des personnes se rassemblent devant une église de La Vallette (Malte), le 16 avril 2018, six mois après la mort de la journaliste d\'investigation Daphne Caruana Galizia.
Des personnes se rassemblent devant une église de La Vallette (Malte), le 16 avril 2018, six mois après la mort de la journaliste d'investigation Daphne Caruana Galizia. (MATTHEW MIRABELLI / AFP)