Cet article date de plus de huit ans.

Contrôle des capitaux en Grèce : "Les gens se sont préparés"

Les banques grecques vont rester fermées toute cette semaine. Les retraits de capitaux ont été limités à 60 euros/jour et les transferts d'argent à l'étranger interdits. L'arrêté sur le contrôle des capitaux a été publié ce lundi matin au journal officiel grec. Des décisions en partie anticipées par la population.
Article rédigé par Isabelle Chaillou
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
  (Avant même les décisions de la nuit, la queue devant les distributeurs © RF/ Isabelle Chaillou)

Une possibilité, une éventualité, un risque. La fermeture des banques, les Grecs y pensent depuis des semaines, depuis que les négociations avec les créanciers se sont tendues. C’est désormais une réalité. Et la première conséquence, c’est que ce dimanche soir à Athènes, comme Marian professeur de francais à la retraite, carte bleue en main, ils  sont allés faire la queue aux distributeurs encore alimentés pour retirer du liquide

 

"Ça me fait peur, c’est pour ça que je suis venue pour retirer de l’ argent et tenir la semaine. Ç a m’inquiète, je suis anxieuse ".

 

Pas de panique. Mais une inquiétude diffuse. Le contrôle des capitaux, cela veut dire des montants de retraits de limités. 6O euros par jour et par personne - sauf pour les touristes étrangers - cela veut dire aussi des transactions, des virements bancaires plafonné d’où la crainte de Yannis, le patron d’un petit hôtel d’Athènes qui lui aussi faisait la queue devant un distributeur.

 

"Je suis inquiet parce que j’ai une entreprise et je dois payer mes employés alors pour pouvoir les payer, je suis allé retirer de l’argent parce que les banques ferment."

Grèce : banques fermées jusqu'au 6 juillet, retraits plafonnés : des décisions anticipées - reportage Isabelle Chaillou

 

 Quel peut être l’impact de ce contrôle des capitaux?

 

La première conséquence, risque d’être politique. A la fin de la semaine, les Grecs vont se prononcer par référendum, pour ou contre le plan d’économies demandé par l’Europe et le FMI.

 

Yorgos, a voté pour Alexis Tsipras, il votera Non dimanche et il ne décolère pas. Même sous la pression de la banque centrale européenne, il ne pardonne pas au Premier ministre d’avoir ordonné la fermeture des banques

 

"C’est une erreur, bien sûr que ça aura une influence. Quoi qu’il se passe, le oui va l’emporter au referendum. "

 

Yannis Starias pense lui aussi que la fermeture des banques aura un impact déterminant sur le scrutin. A  la tête d’une société de conseil en investissement, il redoute surtout les conséquences immédiates de ce contrôle des capitaux sur le quotidien des Grecs.

 

"La vie ne peut pas continuer normalement avec des mesures de ce genre, on se demande ce qui peut arriver de pire encore. Et ça aura des conséquences économiques, pour tout le monde,  les petites entreprises, les grandes entreprises. Et pour les gens. Mais on s’est préparé à ça. On savait que ce jour allait arriver et on le sait depuis des années. Tout le monde a de l’argent hors des banques, dans des coffres, à la maison, dans les matelas. Les gens se sont préparés au pire".   

La perspective d’une faillite, d’une banqueroute de la Grece, elle plane depuis 5 ans maintenant et  les premiers à avoir cherché à protéger leurs economies, ce sont  les Grecs les plus aisés. Nikki est aujourd’hui à la retraite, elle était  haut fonctionnaire et elle a tres précautionneusement mis a l’abri quelques dizaines de miliers d’euros. "J'avais pris mes dispositions pour ne pas être touchée, de façon légale. J'ai fait des transferts dans un autre pays de la zone euro".

Depuis 2010, pres de 80 milliards d’euros ont quitté le pays.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.