Cargo de clandestins : Yasser, étudiant, en route vers la Suède

Depuis mercredi dernier, près de 1200 personnes, essentiellement des Syriens ont posé pied à terre en Italie, débarqués de cargos poubelles. Jérôme Jadot a retrouvé la trace de certains d'entre eux à Crotone en Calabre.

(Une famille de migrants à son arrivée en Italie ce samedi © REUTERS)

 Après quelques heures derrière les barbelés du centre d'accueil pour migrants, un groupe d'une dizaine de Syriens monte dans une navette, direction la gare routière. Il y a là des hommes seuls mais aussi plusieurs familles avec  des enfants en bas-âge. Aucun ne parle anglais sauf Yasser ce qui fait rapidement de lui un guide et porte-parole.

"On a peur de Bachar al-Assad, de Daech ou de n'importe qui qui tuent des gens. Nous nous sommes pacifiques. Ce qui nous voulons c'est la paix. Nous ne voulons pas de la guerre".

Cargo de clandestins : des passeurs armés comme des "terroristes" - reportage Jérôme Jadot
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Avant la guerre, Yasser, qui a vingt ans, étudiait l'anglais à Damas. Mais il a fui les combats il y a deux ans. Depuis il a travaillé dans une université turque pour se payer le voyage vers un horizon jugé plus clément. "J'ai rencontré quelqu'un en Turquie. Il m'a dit que si je voulais aller en Europe, il pouvait m'aider. Et que pour moi c'était 6000 dollars " dit-il.

Il racontera ensuite le canot jusqu'au cargo, les passeurs qui ressemblent à des "terroristes " qui "étaient armés, et n'hésitaient pas à menacer les enfants avec leurs fusils " et la nourriture qui va manquer.

Aujourd'hui, après une nuit à l'abri,  ces Syriens cherchent à gagner l'Europe du nord où Yasser espère reprendre ses études.

(Des migrants débarqués de l'Ezadeen © RF/ Jérôme Jadot)