Colère d'Emmanuel Macron à Jérusalem : "Ce serait dommage que la séquence éclipse les cérémonies. C'est anecdotique", estime une femme rabbin

Pauline Bèbe, première femme rabbin de France, a jugé "courageux" d'autres propos du président en voyage en Israël pour les commémorations des 75 ans de la libération d'Auschwitz. Emmanuel Macron a jugé que "l'antisionisme, lorsqu'il est la négation de l'existence d'Israël comme État, est un antisémitisme".

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Pauline Bèbe, première femme rabbin de France, invitée de franceinfo le 23 janvier. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

L'altercation d'Emmanuel Macron avec les forces de sécurité israélienne mercredi 22 janvier à Jérusalem est largement commentée, notamment parce qu'elle rappelle la colère devenue légendaire de l'un de ses prédecesseurs, Jacques Chirac au même endroit en 1996. "Ce serait dommage que la séquence éclipse les cérémonies. C'est anecdotique", estime jeudi 23 janvier sur franceinfo Pauline Bèbe, première femme rabbin de France.

Israël accueille en effet jeudi une quarantaine de dirigeants pour marquer le 75e anniversaire de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz par l'Armée Rouge et faire front commun contre l'antisémitisme. "Je crois que le coup de sang vient simplement de la volonté de la sécurité israélienne d'assurer la sécurité du chef de l'État, il y a toujours des tensions autour de cette idée-là", tempère Pauline Bèbe. "Peut-être faut-il davantage retenir qu'ils se sont réconciliés après, c'est une question de sécurité", estime Pauline Bèbe.

Il faut retenir aussi que le chef de l'État est allé dans les trois lieux monothéistes et c'est cela qui est le plus important.

Pauline Bèbe, première femme rabbin de France

à franceinfo

Le président s'est effectivement rendu sur les trois lieux saints de la ville : l’église du Saint-Sépulcre, puis l’esplanade des Mosquées, et enfin le Mur des Lamentations.

 "On peut être d'accord ou pas avec la politique d'un État mais pas remettre en cause son existence"

Pauline Bèbe a particulièrement apprécié lorsqu'Emmanuel Macron a déclaré que "l'antisionisme, lorsqu'il est la négation de l'existence d'Israël comme Etat, est un antisémitisme""C'est courageux de le dire et c'est une réalité", a-t-elle salué. "Aucun État n'est remis en cause aujourd'hui alors que l'État d'Israël est remis en cause malgré le fait que ce soit un État démocratique", souligne Pauline Bèbe.

Emmanuel Macron avait affirmé il y a un an, vouloir élargir la définition de l'antisémitisme à l'antisionisme. Le Parlement français a adopté le mois dernier une proposition de résolution en ce sens. Mais un collectif de 127 intellectuels juifs avaient appelé, dans une tribune publiée dans Le Monde, à rejeter cette résolution, craignant que cela mène à "criminaliser les expressions critiques concernant l'État d'Israël""On peut être d'accord ou pas avec la politique d'un État mais pas remettre en cause l'existence d'un État", juge pour sa part la femme rabbin. "On ne remet pas en cause l'existence de la France, ni d'un autre pays du monde. Je crois donc qu'il y a une vrai différence" entre critiquer la politique d'Israël et l'existence de l'État, estime-t-elle.

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