Attaque à Berlin : la politique migratoire d'Angela Merkel pointée du doigt

Un camion a foncé dans la foule d'un marché de Noël à Berlin (Allemagne), mardi. Plusieurs responsables politiques ont directement mis en cause la politique d'accueil des réfugiés voulue par Angela Merkel.

La chancelière allemande Angela Merkel donne une conférence de presse à Berlin (Allemagne), le 20 décembre 2016.
La chancelière allemande Angela Merkel donne une conférence de presse à Berlin (Allemagne), le 20 décembre 2016. (EMMANUELE CONTINI / NURPHOTO / AFP)

Au lendemain de l'attaque au camion d'un marché de Noël à Berlin (Allemagne), qui a fait au moins 12 morts et 48 blessés, lundi 19 décembre, la bataille politique a très vite repris même si beaucoup de questions restent encore sans réponse. Dans un premier temps, la police a indiqué avoir arrêté un demandeur d'asile pakistanais pouvant être le conducteur du camion. A la mi-journée mardi, elle a pourtant précisé ne pas être certaine que l'homme interpellé soit le conducteur. L'auteur est peut-être toujours en fuite. Mais sans attendre davantage d'informations, l'extrême droite allemande, ainsi qu'une partie de la droite française ont saisi l'occasion pour fustiger la politique migratoire de la chancelière, Angela Merkel.

>> Suivez les avancées de l'enquête après l'attaque au camion à Berlin

Les critiques en Allemagne...

En Allemagne, à peine une heure après l'attentat, le leader de l'AFD, Marcus Pretzell a accusé la chancelière allemande. "Quand l''Etat de droit allemand va-t-il se venger ? Quand est-ce que cette hypocrisie va-t-elle enfin s'arrêter ? Ce sont les morts de Merkel ! #Nice #Berlin"

Le vice-président du SPD, Ralf Stegner, a qualifié ces propos d'"inconcevables et écœurants".

Le député Niema Movassat (Die Linke, gauche) a également rétorqué"Je crois que les odieux populistes de droite comme #Pretzell #AfD attendent des actes comme à #Berlin pour attiser la haine et spéculer."

En Allemagne, les critiques sont aussi venues du chef de la CSU allemande, qui est pourtant le pendant en Bavière du parti d'Angela Merkel, la CDU. Ainsi Horst Seehofer a appelé à tirer les conséquences de la politique d'accueil des réfugiés, rapporte Der Spiegel (en allemand). Le ministre allemand de l'Intérieur a balayé ces remarques lors d'une conférence de presse, mardi : "Ce n'est pas le jour pour discuter des conséquences."

... à l'étranger...

Les piques sont aussi venues du Royaume-Uni. L'ancien chef de file de la droite souverainiste, Nigel Farage s'est fendu d'un tweet. "Terribles nouvelles de Berlin mais aucune surprise. Des événements comme ceux-là sont l'héritage de Merkel."

En France, les membres du Front national n'ont pas tardé non plus pour épingler l'accueil des migrants et établir un rapport avec l'attentat de Berlin.

Mais ces remarques ne sont pas l'apanage du Front national. A droite, plusieurs personnalités se sont fendus d'un tweets contre la politique migratoire de la chancelière allemande.

... et sur les réseaux sociaux

Des détournements de photos sont aussi apparues sur les réseaux sociaux accusant Angela Merkel d'être la responsable des morts de l'attentat de Berlin.