Cet article date de plus de cinq ans.

Vive attaque contre l'Allemagne de l'eurodéputé grec Manolis Glezos

«Ils ont l'air différents, mais est-ce vraiment le cas ?» Ils, ce sont les Allemands. Le député européen Manolis Glezos, héros de la résistance grecque contre le nazisme s’est lâché dans une interview contre la politique européenne de l’Allemagne alors qu’Athènes mène un bras de fer contre l’austérité en Europe.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Manolis Glezos parle à la presse devant l'ambassade allemande à Athènes, le 6 Juin 2011. (AFP PHOTO / LOUISA GOULIAMAKI)
«Ce que l’Allemagne n’est pas arrivée à faire à l’époque par les armes, c'est-à-dire de créer une Europe allemande, elle arrive à le faire de nos jours avec la puissance économique et l’aide des USA et des autres vainqueurs de la 2e guerre mondiale soviétiques exclus, bien entendu, cela va de soi. La Guerre froide a donné aux USA et à leur création, l’OTAN, la possibilité d’imposer leur volonté à l’Europe. Et le fruit de cette volonté, c’est l’Allemagne actuelle», affirme l’eurodéputé grec, Manolis Glezos, dans le journal chypriote Simerini, cité par le site Okeanews
 
Et l’ancien résistant, âgé de 83 ans, de remettre la question de la dette allemande vis-à-vis de la Grèce sur la table. «Le gouvernement allemand, "mal élevé" jusqu’à présent à cause des autres européens qui cèdent constamment, ne pourra pas refuser ad vitam aeternam de discuter de la chose avec la Grèce. D’ailleurs, M.Prokopis Pavlopoulos, le nouveau président de la République grecque, maîtrise parfaitement, en tant que juriste également, la question des dettes de l’Allemagne envers notre pays.»

Les réparations de guerre
Le parlement grec vient d'ailleurs de se pencher sur la question. «La revendication des réparations de guerre est un sujet national et la reconstitution de la commission parlementaire vise à sensibiliser l'opinion publique européenne et à renforcer l'argumentation grecque sur ce sujet», a  indiqué la députée Syriza et présidente de la Vouli (le parlement grec), Zoé Konstantopoulou.
 
Ce n'est pas la première fois que Manolis Glazos, élu de Syriza, se montre plus virulent que le gouvernement qu'il est sensé soutenir. Il avait vivement critiqué la position du gouvernement Tsipras dans ses négociations avec l’Eurogroup sur la question de la dette grecque: «Entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté», avait il affirmé. «Changer le nom de la troïka en «institutions», celui du mémorandum en «accord» et celui des créanciers en «partenaires», ne change en rien la situation antérieure», avait ironisé le vieux combattant après l'accord entre l'Eurogroup et Athènes.
 
La dernière pique de Manolis Glezos, un des hommes les plus populaires de Grèce, intervient alors que le gouvernement Tsipras est en pleine négociations avec Bruxelles sur les décisions à prendre pour pouvoir bénéficier des liquidités européennes. Dans le cadre de ces «négociations», des experts de l’UE, de la BCE et du FMI pourrait se rendre à Athènes… de quoi faire revenir le spectre de la Troïka que les Grecs ne veulent plus voir…
 
Si les discussions entre Athènes et l’UE passent par des hauts et des bas, elles ne sont cependant pas bloquées. Même si chacune des parties hausse le ton à tour de rôle. Avant la virulente sortie de M.Glezos, le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, avait évoqué le 8 mars «la possibilité de nouvelles élections, voire d'un référendum sur un accord sur la dette» avant de susciter lui aussi la polémique pour des propos tenus dans une émission diffusée en Allemagne… On n’a pas fini de parler de l'austérité et de la dette grecque.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.